Yves Bouvier espère bien être sauvé par un iPhone

«Au regard de ce que disent ces pièces accablantes, il n’est plus envisageable de poursuivre Yves Bouvier à Monaco comme à Genève», exulte David Bitton, principal avocat du marchand d’art genevois accusé par un magnat russe d’une escroquerie tentaculaire sur des dizaines de toiles de maîtres.

Derrière cet espoir que le scandale fasse pschitt, un simple iPhone. Son contenu pourra bien être utilisé dans une enquête parallèle à cette supposée arnaque, a confirmé mardi la Cour de révision de Monaco, épicentre de toute l’affaire.

Revers pour l’ex-oligarque

Cette seconde enquête vise à faire la lumière sur les soupçons de trafic d’influence et de corruption auxquels font face depuis plus d’un an, sur le Rocher, Dmitri Rybolovlev, le propriétaire de l’AS Monaco, et sa conseillère. Dans cette procédure, les milliers de SMS échangés il y a quatre ans par l’avocate du magnat – notamment avec le ministre de la Justice d’alors – pourraient jouer un rôle clef. Surtout depuis que les tribunaux viennent de balayer la requête déposée par l’ex-oligarque et son avocate afin de faire reconnaître l’illégalité de l’exploitation de ce téléphone.

La décision de mardi «laisse intactes les preuves du comportement singulier d’un oligarque russe qui se prétendait victime», se réjouit l’avocat genevois d’Yves Bouvier. Au départ pourtant, ce portable était censé représenter une carte maîtresse du Russe face à Yves Bouvier.

Retour en avril 2015, au début de l’affaire. Tetiana Bersheda, l’avocate du magnat, remet à la justice l’enregistrement – réalisé avec cet iPhone – d’une associée du marchand d’art, Tania Rappo. La conversation de dix minutes vise à prouver la malhonnêteté des deux comparses. Après un long silence, les autorités monégasques exigeront de nouveau ce portable, début 2017. Dans un autre but. Quelques mois plus tard, la fuite des SMS qu’il contient fera scandale.

«Violation des droits»

Dans l’entourage du milliardaire, on regrette que le fond de l’affaire ne soit pas traité – une escroquerie à hauteur de près d’un milliard de francs. «Des données ont été extraites du portable d’Yves Bouvier et Tania Rappo en 2015 mais les autorités en charge de l’instruction refusent que nous y ayons accès, pourquoi?», s’interroge Dmitry Chechkin, porte-parole de Dmitri Rybolovlev.

Les défenseurs de l’ex oligarque assurent qu’ils iront devant la Cour européenne des droits de l’homme pour faire constater «la violation des droits fondamentaux des justiciables» dans ce volet de l’affaire. Et afin de faire oublier cet iPhone maudit, qui pourrait bien valoir un milliard. (TDG)

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