Ursula von der Leyen redonne espoir à l’Europe

L’Europe est de retour. La tête haute. Elle est incarnée par une femme brillante, Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne. Mercredi, à Davos, elle a développé un discours d’une grande cohérence stratégique. L’Union européenne (UE) repart à l’offensive. L’UE veut devenir le premier ensemble géographique neutre sur le plan carbone en 2050.

La commission n’est pas naïve. Elle envisage de taxer les importations des pays qui ne respecteraient pas un objectif de neutralité climatique. Ursula von der Leyen sait qu’une telle politique commerciale se heurtera à l’administration du président américain Donald Trump, qui a réitéré sa menace de déclencher une guerre commerciale similaire à celle qu’il a engagée avec la Chine. En fait, le bras de fer a déjà commencé, avec la loi française sur la taxation du numérique.

À Davos, la présidente de la commission a précisé «qu’elle préférait ne pas devoir imposer une taxe carbone à la frontière» si ses partenaires commerciaux s’engageaient dans une voie comparable, citant au passage les bourses carbone mises en place par la Chine et… la Californie. La taxe est donc une arme de dissuasion à l’égard des mauvais élèves qui chercheraient à contourner l’Europe. Clin d’œil au discours de Donald Trump, Ursula von der Leyen a répété que l’UE était la première destination des capitaux étrangers.

Sous la présidence Junker, le climat n’était pas la première priorité de l’Europe. C’est aujourd’hui le cas avec l’ancienne ministre allemande: «Le plan vert de l’Union européenne est désormais la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe.» Au patron du Forum de Davos Klaus Schwab qui l’interrogeait sur les divisions au sein de l’Union européenne, Ursula von der Leyen a répondu sans broncher: le plan vert se fera.

Elle a confirmé une autre priorité de l’Europe. L’UE imposera aux acteurs du numérique son standard qui protège ses citoyens contre l’usage de leurs données privées. Le standard européen exige que les données collectées soit anonymisées. Les données seront ouvertes au public comme au privé et utilisables sans droit de licence par les scientifiques (open source).

En clair, l’Europe veut être le leader mondial dans la transition écologique et numérique. En moins d’une demi-heure, Ursula von der Leyen a ainsi redonné au continent des objectifs clairs. Certes, la partie est loin d’être gagnée. Mais, c’est la première fois depuis des années que l’Europe semble avoir retrouvé son leadership.

Créé: 22.01.2020, 21h35

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