Une «crypto» Banque centrale est à l’étude

Depuis quelques semaines, le bitcoin et ses petites sœurs ont moins la cote. Les envolées phénoménales et les records atteints par certaines devises digitales en fin d’année semblent passés. Cette baisse de popularité auprès des investisseurs n’a pas empêché certains pays de lancer leur propre cryptomonnaie.

Si l’exemple le plus récent et concret concerne le Venezuela avec son petro, l’idée se propage également en Suisse. «Un e-franc sous le contrôle de la Banque nationale suisse créerait de nombreuses synergies, ce serait très bon pour l’économie», déclarait Romeo Lacher, le président de Six Group, dans une interview donnée au Financial Times.

Après avoir observé le phénomène de loin, diverses autorités monétaires planchent désormais sérieusement sur le dossier des monnaies virtuelles. Quelques jours avant le prochain G20 Finances, qui se déroulera à Buenos Aires – suivi dans la foulée d’une réunion au sommet entre chefs d’États européens à Bruxelles – un premier rapport, publié lundi, tente de répondre à une question fondamentale: Faut-il créer l’équivalent d’une Banque centrale pour gérer de futures cryptomonnaies nationales et régulées, en réponse aux devises privées telles que le bitcoin?

Réalisée par les experts du Comité des paiements et des infrastructures de marché (CPMI), cette étude peine malheureusement à répondre à cette interrogation. Elle se contente de rappeler les enjeux en cours et de nommer les «pour et contre» de ces nouvelles formes de paiement. Malheureusement, ces recherches n’aboutissent à rien de très neuf et terminent sur des conclusions relativement banales. La faute aux nombreuses zones d’ombre entourant encore ces cryptomonnaies.

Supputant que ces devises pourraient bien, un jour, révolutionner la manière dont l’argent est distribué et donc bouleverser le fonctionnement des banques centrales, le CPMI préfère miser sur la prudence dans l’exploration de ce qu’il décrit comme des «eaux inexplorées». «Toute démarche pouvant déboucher sur le lancement d’une telle Banque centrale pour monnaie digitale devra faire l’objet d’une attention toute particulière, car ses effets sur les taux de change et sur les prix des actifs restent largement inconnus. Ils appellent donc à une exploration beaucoup plus approfondie», peut-on lire dans le rapport du CPMI.

Restant encore sans solutions concrètes, le CPMI montre toutefois qu’il a perçu l’ampleur du phénomène lié aux cryptomonnaies ainsi qu’à la blockchain, la fameuse technologie sous-jacente à ces devises virtuelles. «Les banques centrales et autres autorités devront continuer leur surveillance concernant ces innovations numériques et chercher à comprendre de quelle manière leurs propres opérations pourraient être affectées», résument les auteurs de l’étude.

«Ce rapport doit être interprété comme un point de départ pour d’autres discussions à venir», confirme Benoît Cœuré, président du CPMI. Un premier pas est fait sur une route qui s’annonce longue. (TDG)

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