Une célèbre enseigne de glaces débarque à Genève

Il s’est vendu l’an dernier en Suisse 46,5 millions de litres de glaces de fabrication industrielle (cornets, glaces en bâtons, en bidon ou en petit récipient et autres glaces à l’eau), soit une hausse de 4% par rapport à 2017, selon les derniers chiffres fournis cette semaine à AWP par la faîtière suisse des producteurs Glacesuisse, qui couvre 80% du marché. Les géants Froneri/Nestlé, Emmi, Midor (fournisseur de Migros) et Unilever sont membres de l’association.

L’augmentation résulte essentiellement de l’été caniculaire. Mais dans l’ensemble, les quantités tendent à baisser, au mieux à stagner depuis de longues années. En 2011, alors que le pays comptait 10% moins d’habitants, il s’était vendu plus de 47 millions de litres.

Il y a une quinzaine d’années, chaque Suisse dévorait en moyenne 7,3 litres de glace, une consommation tombée à moins de 6 litres aujourd’hui et qui place la Suisse certes pas à la traîne, mais loin derrière les pays nordiques comme la Finlande et la Suède (environ 12 litres) ainsi que les Etats-Unis, l’Allemagne ou encore l’Italie.

Genève choisie pour la première boutique Häagen-Dazs en Suisse

Dans ce contexte, Häagen-Dazs, marque propriétaire du géant américain General Mills dont le siège européen est à Nyon, a choisi Genève pour sa première enseigne suisse «en propre» (hors grandes surfaces comme Coop).

Cette boutique franchisée, qui s’ajoute aux quelque 900 points de vente déjà implantés dans le monde par la marque, repose sur un concept «modernisé», dans un espace épuré en bois naturel. Les produits sont fabriqués à Arras en France et tous les ingrédients sont certifiés d’origine naturelle, sans colorant ni arôme artificiel. Le chiffre d’affaires du magasin est attendu entre 450’000 et 650’000 francs par an, précise une porte-parole.

«Dans un secteur en pleine mutation, il faut répondre aux nouveaux modes de consommation et séduire une clientèle plus jeune et plus urbaine. Soit plus de proximité avec un vrai ancrage local et plus de mobilité avec des formats à l’emporter», explique Häagen-Dazs. D’ici cinq ans, la marque lancée en 1961 par deux Polonais émigrés à New York veut renouveler l’intégralité de ses enseignes.

En Suisse comme ailleurs, il est ardu de se faire sa place au milieu des géants Unilever (Ben & Jerry’s, Magnum, Carte d’Or…) et Nestlé (Maxibon, Frisco, Mövenpick…), sans compter qu’à côté des industriels, les gelateria artisanales fleurissent partout.

Marché bien occupé

«L’enjeu, pour développer le marché, est de réussir à faire passer l’idée qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une température de 30 degrés pour consommer des glaces», relève Roman Okle, responsable Food Service chez Emmi, citant l’exemple des pays nordiques.
Le groupe laitier lucernois, dans un autre créneau, produit principalement des crèmes glacées par récipients de quatre litres pour le secteur de la gastronomie. «Le marché de détail est déjà bien occupé par les grands acteurs Froneri (co-entreprise de Nestlé), Migros avec sa marque Midor et Unilever», précise M. Okle.

Les chiffres d’affaires de la branche ne sont pas publiés, mais Emmi assure être «très content» de ses ventes. Les fabricants s’efforcent de réduire la teneur en sucre de leurs produits (diminution d’environ 10% par exemple chez Emmi au cours des dernières années), mais le potentiel d’amélioration en terme de «valeur santé» reste limité, estime M. Okle. Les glaces sont typiquement des produits «consommés pour le plaisir», dit-il.

Diminuer sensiblement les matières grasses ou le lait par exemple, en l’état actuel des techniques de production, risque trop de modifier le goût. Pour Häagen-Dazs et ses pots de crèmes glacées assez riches, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. (ats/nxp)

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