Trump continuera de nuire au commerce, selon UBS

Évolution des rapports de force à Washington: à la Chambre des représentants, les républicains ont cédé la majorité aux démocrates, tandis qu’au Sénat, ils ont renforcé leur propre majorité (lire en pages 17 et 18). Cette évolution a suscité des commentaires très divers sur la place financière helvétique.

«Le président des États-Unis se félicite toujours de sa large autonomie en termes de politique commerciale. Dans ce domaine, un durcissement des tensions reste donc probable. Nous pensons que l’administration en place à Washington continuera de recourir à des droits de douane pour mettre sous pression ses partenaires commerciaux, en particulier la Chine», estiment les experts d’UBS.

«Le président des États-Unis, Donald Trump, a en fait juste perdu son fusil de chasse à double canon»

Sanja Rogic, responsable de la recherche chez Julius Baer & Co. AG

L’Organisation mondiale du commerce, domiciliée à Genève, restera évidemment très vigilante. Il n’en est pas moins vrai qu’après les dernières élections états-uniennes, les inclinations protectionnistes de Donald Trump risquent fort de s’accentuer: le 45e président des États-Unis peut en effet instaurer des droits de douane sans rendre de comptes aux législateurs.

En dépit de cette réalité peu enthousiasmante, Julius Baer & Co. AG garde un brin d’optimisme. «Trump a en fait juste perdu son fusil de chasse à double canon, tempère la banque privée zurichoise, faisant allusion à la perte de la majorité républicaine à la Chambre des représentants. Cette source de blocage éliminera certes le potentiel de baisse d’impôts, mais les investisseurs gardent tous leurs espoirs pour une entente à propos d’investissements dans les infrastructures.»

Fortes divergences

À ce propos, Gaétan Peroux, stratégiste d’UBS, insiste sur un obstacle majeur: «Une réorientation des investissements, visant à leur renforcement dans les infrastructures, pourrait certes être entreprise pour continuer à stimuler l’économie du pays. Mais de fortes divergences de vues subsistent entre républicains et démocrates sur les questions de mise en œuvre. Une solution, un compromis devient dès lors difficile.»

Ce constat pourrait inspirer des regrets au regard du bilan de Donald Trump après deux ans de mandat. Les États-Unis ont enregistré une hausse de 4,2% du PIB (produit intérieur brut) au second trimestre 2018, sur un an. La majorité des instituts de prévision tablent sur une progression de 3% au terme de l’exercice en cours, contre 2,2% en 2017 et 1,6% en 2016.

«Un endettement public à hauteur de 5% du PIB, d’ici à deux ans, est cependant déjà prévu. Alors que, c’est vrai, l’économie américaine se porte très bien. Mais que fera la Maison-Blanche en cas de retournement conjoncturel? Dans un tel contexte, il paraîtrait en fait plus pertinent de limiter les dépenses publiques. Du coup, une limitation de la marge de manœuvre de l’administration Trump se révèle plutôt bienvenue», estime Stéphanie de Torquat, économiste de la Banque Lombard Odier & Cie SA.

Sanja Rogic, de Julius Baer, propose après ces élections un regard historique favorisant l’optimisme: «Depuis 1928, les rendements annuels moyens ont atteint 12% sur les marchés d’actions lorsque le locataire de la Maison-Blanche était républicain et le Congrès divisé en deux majorités différentes.»

Un autre élément paraît déjà confirmé: après les «Midterms», c’est bientôt Noël. Cet élément encourage Vontobel à manifester des préférences pour les actions d’Amazon.com Inc. et Mondelez International Inc. (TDG)

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