Tidjane Thiam et Sergio Ermotti se laissent tenter par la folie des SPAC

On lui prêtait des ambitions politiques. Aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en France. Pour l’instant, Tidjane Thiam reste bien dans la finance. L’ancien patron de Credit Suisse serait sur le point de lancer une société cotée à New York, affirme le Financial Times, qui cite des sources anonymes de son entourage. Il serait ainsi en train de lever 250 millions de dollars (environ 222,5 millions de francs) pour investir dans des sociétés financières des pays développés ou émergents.

Tidjane Thiam est ainsi la dernière star en date de la finance à se laisser tenter par la nouvelle mode de Wall Street, le SPAC. Signifiant special purpose acquisition company, il s’agit de sociétés sans activité opérationnelle dont les actions sont émises sur une bourse pour financer des acquisitions. Aussi appelées «sociétés de chèques en blanc», elles sont donc d’abord des coquilles vides dont l’investisseur n’a qu’à espérer que les fondateurs fassent les bons choix en termes de placement.

Quarante milliards en 2020

Le principal intéressé n’a pas commenté. Mais le quotidien londonien croit savoir que la banque américaine JP Morgan est impliquée dans le projet, de même que son patron, James Dimon, à titre personnel. Tidjane Thiam serait aussi en discussion avec des fonds souverains.

Lire aussi: Les SPAC, la nouvelle folie de Wall Street

En 2020, plus de 40 milliards de dollars ont été levés par ce biais (soit plus du triple de 2019) par une série de stars de la finance ou de l’économie. Parmi les plus emblématiques, Richard Branson, fondateur de Virgin, en a déjà créé deux. L’élan est tel que ces SPAC ont permis à la bourse de New York, le NYSE, d’être à nouveau le principal lieu d’entrée en bourse, trône que lui avait ravi depuis quelques années le Nasdaq.

Tidjane Thiam, qui a quitté Credit Suisse il y a près d’un an à la suite du scandale des filatures de plusieurs ex-employés, n’est d’ailleurs pas le seul ex-patron de grande banque suisse à avoir investi ce créneau.

Sergio Ermotti, qui a quitté UBS en novembre dernier, a accepté d’être le président à partir du début de cette année d’Investindustrial Acquisition, une autre de ces sociétés de chèques en blanc, qui a levé plus de 400 millions de dollars en automne dernier. Cette société vise des entreprises d’une valeur de 1 à 5 milliards dans les secteurs de la consommation, de la santé, de l’industrie et de la technologie.

monchange.ch