Tesla domine toujours plus en Suisse

La nouvelle avait frappé au début du printemps: en mars, le Model 3 de Tesla avait été le véhicule le plus immatriculé en Suisse, toutes catégories confondues. Avec 1094 exemplaires écoulés, ce modèle s’était permis de dépasser le best-seller Skoda Octavia à essence, dont 801 unités avaient été immatriculées ce mois-là. Avec désormais un semestre dans le rétroviseur, il est temps d’analyser comment les ventes du constructeur californien ont évolué en Suisse depuis le début de l’année. Si Tesla a vu ses ventes s’essouffler ces dernières semaines, force est de constater que, sur le marché électrique, il ne trouve encore aucun rival à sa taille.

Cette observation du marché intervient dans un contexte particulier: la livraison de nombreux Model 3, présentés en mars 2016 par Tesla, disponible immédiatement en précommande mais dont les livraisons n’ont commencé, en Europe, que début 2019.

L’Octavia de nouveau première

Sur les six premiers mois de l’année, 2989 Tesla ont été immatriculées en Suisse, un bond de 280% par rapport aux 788 unités de 2018 durant la même période, selon les statistiques d’Auto Suisse. Sur ce total, l’essentiel (2577 unités) est le fait du Model 3, loin devant le Model S (226 unités) et le Model X (186 unités). Véhicule le plus immatriculé en mars, le Model 3 a dû céder sa couronne sur l’ensemble du premier semestre, mais demeure dans le top 5 suisse: le modèle Octavia de Skoda domine (4759), devant les VW Tiguan (3650) et Golf (3097) et le Model 3.

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Lors des derniers mois, les immatriculations de Tesla (tous modèles confondus) ont baissé. Après le pic de mars (1243 véhicules), avril a vu le nombre de modèles enregistrés en Suisse chuter à 538 unités, pour atteindre 195 unités en mai et 659 le mois dernier. La grande question est de savoir si Tesla a fini d’écouler tous les Model 3 commandés ces dernières années. Le constructeur américain ne répond pas directement à cette question, en indiquant que «selon notre configurateur en ligne, vous recevrez votre voiture en août si vous la commandez aujourd’hui. Ce délai de livraison estimé à quelques semaines est resté pratiquement le même depuis le début des livraisons en février.» Il semble donc que toutes les commandes passées ont été honorées.

La moitié du marché

Tesla a donc fléchi ces derniers mois et les dernières immatriculations sont a priori le fruit de commandes récentes. Malgré cette baisse, l’entreprise américaine, avec 2989 voitures vendues lors du premier semestre, est loin devant ses concurrents si l’on s’intéresse au seul marché électrique. Ainsi, 446 BMW i3 ont été immatriculées, tout comme 242 Nissan Leaf, 776 Renault Zoé ou encore 232 Audi e-tron.

On aurait pu s’attendre à ce que Tesla contrôle la grande majorité du marché électrique; ce n’est pas le cas. En effet, le fabricant américain détient 50,3% des parts de ce marché en Suisse et fait face à une multitude de concurrents qui n’ont immatriculé, pour certains, que quelques dizaines de véhicules. Mais ces concurrents devraient monter en puissance ces prochains mois – on pense en particulier à VW, qui mise beaucoup sur l’électrique et dont 181 voitures électriques ont été immatriculées en Suisse cette année.

L’électrique progresse

A noter que malgré des concurrents plus nombreux cette année, mais grâce aux ventes du Model 3, Tesla a accru sa part cette année. L’année passée, il ne détenait que 32% du marché suisse des voitures électriques. Au niveau général, l’électrique progresse dans le pays. Sa part était de 1,5% sur les six premiers mois de l’année passée. Elle est désormais de 3,8%.

Sur son premier marché, les Etats-Unis, Tesla est également encore dominateur. La société d’Elon Musk y a vendu 67 650 Model 3 depuis le début de l’année, 9000 Model X, ne laissant que la troisième place au modèle Bolt EV de Chevrolet (8281).


Dès mercredi, Uber lance son service Black haut de gamme à Lausanne et à Genève. Déjà disponible à Bâle et à Genève, il donne accès à des voitures haut de gamme. Seules les voitures de 13 constructeurs, dont Audi, BMW, Tesla, Lexus et Porsche, sont acceptées – et encore, tous les modèles de ces fabricants ne sont pas admis. Les tarifs pour le service Black sont plus élevés que ceux pour le service X. Ainsi, à Genève, un trajet entre la gare et les Acacias coûte environ 16 francs avec Uber X et 28 francs avec Uber Black. Rappelons qu’en mars 2018, Uber a renoncé à son service Pop à Lausanne, pour lequel travaillaient des chauffeurs qui n’avaient pas besoin de permis professionnel. L’entreprise américaine fait ainsi migrer ses clients vers le haut de gamme. A. S.

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