Téhéran refuse de croiser l’armada Trump à Davos

La géopolitique – plus particulièrement la «crainte d’une escalade au Moyen-Orient» – est le premier thème du sommet de Davos qui a été mis en avant mardi par Borge Brende, président du World Economic Forum (WEF), lors de la présentation du programme de la manifestation. Avec l’espoir de mobiliser responsables gouvernementaux et milieux économiques afin de «discuter de la situation en Syrie, en Irak mais aussi en Libye», a précisé ce dernier.

«Un espace sûr»

Basée à Genève, l’organisation fondée par Klaus Schwab, qui fête cette année son demi-siècle, dit œuvrer pour l’amélioration de la coopération entre les gouvernements et le secteur privé. Ses responsables présentent la réunion annuelle – qui verra converger près de 1700 patrons et une cinquantaine de chefs d’État la semaine prochaine dans la station grisonne – comme un «espace sûr permettant le dialogue pour contribuer à résoudre les problématiques les plus urgentes».

Ces discussions se feront pourtant sans l’un des acteurs clefs de la crise majeure qui a bien failli éclater aux premiers jours de l’année au Moyen-Orient: l’Iran, dont l’influence en Syrie et en Irak en fait un acteur incontournable à toute discussion.

Aucun officiel iranien

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, était attendu dans la station alpine suisse. L’annonce de l’annulation de sa participation est finalement tombée mardi matin. Une absence expliquée par «la situation incertaine en Iran», selon la réaction, quelques heures plus tard, du président du WEF.

De quoi faire disparaître l’espoir d’une éventuelle rencontre avec des membres de la délégation américaine évoqué ces derniers jours, alors que les tensions restent vives dix jours après la mort du général iranien Qassem Soleimani dans un tir de drone américain, puis après les missiles en représailles contre des bases de l’US Army en Irak.

Parmi les participants au Forum de Davos mis en avant mardi, pas un ne provient de la République islamique. Les responsables du WEF ont tenté de rappeler que les présidents irakien et afghan, ainsi que le responsable du Kurdistan irakien ou le premier ministre de l’Autorité palestinienne, seront par contre de la partie.

Ce n’est pas la première fois que les attentes d’une rencontre au sommet à l’occasion d’une réunion internationale sont douchées. Fin septembre, le président Rohani n’avait finalement pas parlé à son homologue américain lors de son déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies.

Donald Trump en vedette

Le président Donald Trump, qui avait annulé sa présence à quelques jours de l’ouverture du Forum l’an dernier, reste en revanche attendu à Davos la semaine prochaine. Il emmènera une délégation officielle comprenant le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, et le représentant au commerce, Robert Lighthizer, ainsi que sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, conseiller influent notamment sur le Moyen-Orient. Une délégation que l’on peut qualifier de très économique – sans le responsable des Affaires étrangères, Mike Pompeo, présent en 2019.

À défaut de rencontre avec les officiels iraniens, toutes les caméras traqueront, comme lors de l’assemblée des Nations Unies, toute proximité avec l’activiste environnementale Greta Thunberg, autre invitée vedette du sommet. L’adolescente suédoise est ainsi présentée sur le site du World Economic Forum aux côtés de Donald Trump comme l’un des deux principaux intervenants «de portée mondiale» attendus à Davos.

Créé: 14.01.2020, 23h40

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