Swisscom a lancé la 5G dans 54 localités, dont Lausanne et Genève

Swisscom a tenu parole. Il y a pile une semaine, il affirmait qu’il allait lancer la 5G dès qu’il recevrait sa concession de la part de la Commission fédérale de la communication. Celle-ci obtenue, l’opérateur a enclenché dans la nuit de mardi à mercredi son réseau 5G dans 102 sites répartis sur 54 localités. Swisscom avertit: il ne déviera pas de ses plans initiaux et veut couvrir 90% de la population d’ici à la fin de l’année. Les moratoires, dont celui décidé dans le canton de Vaud, ne concernent pas les antennes équipées ces dernières semaines, et qui ont été activées la nuit dernière. Par contre, cela va freiner l’opérateur ces prochains mois.

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La 5G est ainsi disponible à Genève, Lausanne, Estavayer-le-Lac, Champéry, Bâle, Berne ou encore Zurich, a annoncé l’opérateur. Ses clients ne peuvent pour l’heure pas en voir la couleur, aucun smartphone compatible n’étant sur le marché. Dès le mois de mai, l’opérateur lancera le premier smartphone 5G du marché, le modèle Reno 5G du fabricant chinois Oppo. Suivront ensuite d’autres appareils, au rythme d’environ un par mois d’ici au mois de décembre. «Le réseau 5G de Swisscom sera disponible pour tout le monde en Suisse d’ici à la fin de l’année, lorsque les appareils 5G des principaux fabricants seront sous le sapin de Noël», a affirmé mercredi dans un communiqué Urs Schaeppi, directeur de Swisscom.

«5G light»

Rappelons que la 5G que propose l’opérateur est une sorte de «5G light»: les débits proposés sur les smartphones compatibles ne dépasseront pas 1 Gbit/s, soit une vitesse de téléchargement comparable à la 4G + actuelle. Ce ne sera qu’en 2020, voire en 2021, que le débit pourra atteindre 2 Gbit/s, voire davantage. Par contre, le temps de latence sera réduit dès cette année, ce qui pourrait déjà se faire ressentir positivement lors de jeux en ligne par exemple.

S’il s’agira au début d’une «5G light», c’est parce que la réglementation actuelle ne permet pas à Swisscom de lancer une véritable 5G. L’opérateur est ainsi contraint d’utiliser des fréquences 2G et 4G pour son nouveau réseau, car dans les centres urbains 90% des antennes ne permettent pas d’offrir un débit supplémentaire en raison des valeurs limites imposées par la Confédération.

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Swisscom avertit

Les choses doivent changer, réaffirme mercredi Swisscom: «Afin d’exploiter pleinement le potentiel de la 5G, il est nécessaire d’adapter l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI). La réglementation actuelle de 1999 entrave l’expansion rapide et affaiblit la compétitivité internationale de la place économique. La sévérité des conditions-cadres réglementaires empêche tous les clients de profiter pleinement des performances de la 5G», écrit l’opérateur dans son communiqué.

Swisscom explique aussi que la principale exigence de la Confédération pour sa concession est une couverture de 50% de la population d’ici à 2024. En couvrant 90% de celle-ci d’ici à la fin de l’année, l’opérateur sera en avance. Sunrise possède des plans similaires. Salt n’a pas encore dévoilé ses intentions à ce sujet.

Dix milliards de perte?

Mercredi, les opérateurs ont sorti l’artillerie lourde pour promouvoir la 5G. L’Association suisse des télécommunications (ASUT) a publié une étude indiquant qu’un retard en matière de 5G entraînerait des pertes de production pour les entreprises et le secteur public. «Un retard de trois ans dans l’extension du réseau d’ici à 2026 réduirait de 10 milliards de francs la croissance de la production déclenchée par la 5G et réduirait en outre la compétitivité des entreprises suisses», selon l’ASUT.

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