Swiss paie pour son civisme et sa confiance en Bombardier

Swiss paie pour son civisme et sa confiance en Bombardier. Tel semble l’enseignement majeur d’incidents inquiétants, se répétant depuis l’été dernier sur quelques-uns des 29 C-Series de la filiale de Lufthansa. Celle-ci a décidé hier de clouer au sol tous ces aéronefs, jusqu’à nouvel avis. Le transporteur applique donc à la lettre le principe de précaution. À un coût énorme! Un tiers de la flotte de Swiss est en effet cloué au sol, 150 vols sont donc supprimés en une journée d’opérations, et les recettes de plus de 20’000 sièges passagers sont perdues, selon les calculs du portail d’information ch-aviation. De tels sacrifices justifient un rappel des faits.

En 2016, Swiss s’est profilée comme la première compagnie prête à exploiter les C-Series de l’avionneur québécois Bombardier: les CS300 et les CS100. En ce sens, la compagnie bâloise a évidemment pris quelques risques. Il est couramment admis que les premières déficiences d’un aéronef se révèlent pendant le premier million d’heures de vol. À ce titre, Swiss a-t-elle bénéficié d’un meilleur prix? Une chose est sûre: Swiss a payé plus de 2 milliards de francs pour vingt CS300 et neuf CS100.

Tellement moins de bruit!

Une des motivations majeures de cette acquisition était de trouver une alternative moderne à 16 Jumbolinos, ou Avro Regional Jet 100. En près de trente ans, cet appareil de conception britannique, voué aux court-courriers, a marqué l’histoire, entre autres, de compagnies comme Crossair ou Swissair, avant d’être exclu progressivement de la flotte de Swiss l’an dernier. Son successeur se démarquait par 25% de consommation de kérosène en moins, 20% d’émissions de monoxyde de carbone en moins, sans oublier une pollution acoustique diminuant de moitié.

L’acquisition des C-Series obéissait donc aux préoccupations climatiques actuelles. Entre-temps, ces appareils ont changé de nom et s’appellent désormais Airbus A220. Ce changement est dû à l’absorption partielle de l’avionneur canadien Bombardier par son confrère européen Airbus, annoncée le 18 octobre 2017. Les habitants de la Suisse ne sont pas pour autant prêts à oublier le nom de Bombardier. Avant d’être associée à des avions, cette raison sociale s’avérait avant tout liée aux transports ferroviaires. Les 59 trains duplex FV-Dosto, commandés à Bombardier Transport par les CFF et devisés à 1,9 milliard de francs, continuent de causer des difficultés dans les transports publics helvétiques.

Plusieurs facteurs sont réunis pour entretenir une rancune tenace.

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