Suisse: La BNS devrait maintenir le statu quo monétaire

Le taux directeur de la Banque nationale suisse devrait être maintenu inchangé en raison de la stabilité de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, estiment plusieurs spécialistes.

La BNS devrait suivre la voie du statu quo monétaire décidé par la Réserve fédérale américaine lors de son annonce trimestrielle de politique monétaire prévu jeudi.

La BNS devrait suivre la voie du statu quo monétaire décidé par la Réserve fédérale américaine lors de son annonce trimestrielle de politique monétaire prévu jeudi.

KEYSTONE

La Banque nationale suisse (BNS), coincée par sa grande homologue américaine, devrait maintenir son taux directeur inchangé jeudi lors de son annonce trimestrielle de politique monétaire. Les spécialistes s’attendent cependant à une légère révision à la hausse des prévisions de croissance.

Mercredi dernier, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait annoncé qu’elle maintenait ses taux directeurs au plus bas – actuellement dans une fourchette de 0% à 0,25% – et que cela devrait rester le cas au moins jusqu’en 2023.

La BNS n’aura donc pas d’autre solution que de suivre sur la voie du statu quo monétaire, a estimé Thomas Stucki, directeur des investissements à la Banque cantonale de Saint-Gall (SGKB). Selon ce dernier, «les taux sont gelés tant que le Fed ne bouge pas».

«Stabiliser le franc»

L’institut d’émission helvétique, dont le taux directeur se situe à -0,75%, va donc se concentrer «sur une politique active de changes et tenter de stabiliser le franc», a ajouté le responsable de la SGKB.

En matière de devises, les intervenants des marchés financiers surveilleront attentivement le vocabulaire employé par la banque centrale helvétique.

Alors qu’elle avait encore évoqué mi-juin être «disposée à intervenir de manière accrue sur le marché des changes», elle devrait quelque peu nuancer ses propos jeudi, la pression haussière sur le franc s’étant quelque peu relâchée, ont estimé les analystes de Credit Suisse dans un commentaire.

Après s’être nettement appréciée en mai face à l’euro dans un contexte de confinement et de pandémie de coronavirus, atteignant 1,0505 EUR/CHF mi-mai, la devise suisse s’est depuis relâchée et s’échangeait mardi après-midi à 1,0755 franc par rapport à la monnaie unique européenne.

Intervention moins nécessaire

Unanimes, les experts de Raiffeisen Economic Research ont souligné qu’à un cours à peu près stable autour de 1,08 franc pour un euro depuis mi-juillet, le besoin d’intervention de la BNS avait diminué.

La BNS pourrait cependant être amenée à être un peu plus optimiste en matière de prévision de croissance, suivant en cela ses grandes soeurs de la Fed et la BCE, a ajouté Raiffeisen.

De fait, les dernières projections de croissance de la banque centrale helvétique remontent au 18 juin. La BNS tablait alors sur une chute «d’environ 6%» du produit intérieur brut (PIB) suisse et une inflation de -0,7% cette année.

Plusieurs instituts ont depuis revu en hausse leurs attentes de croissance. Le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) avait lui aussi ramené début septembre à -5,0% le repli du PIB, contre -6,2% précédemment. BAK Economics table pour sa part sur une baisse de 4,5% (-5,8%).

ATS/NXP

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