Successeur du SMS, le RCS se fait toujours attendre en Suisse

C’était le 3 décembre 1992. Il y a vingt-sept ans était envoyé le premier SMS, en Grande-Bretagne, sur le réseau de Vodafone. Depuis, il s’est écrit des milliards de ces messages. Le SMS, acronyme de Short Message Service, n’a pas évolué depuis. Mais cela pourrait changer. Google fait actuellement le forcing pour qu’un nouveau format succède au SMS, le RCS, pour Rich Communication Services. Ce service de messagerie, qui offre des fonctions semblables à ce que proposent déjà WhatsApp ou le iMessage d’Apple, sera lancé ces prochains jours en France et en Grande-Bretagne.

Le SMS offre des fonctions très limitées et s’est complètement fait dépasser par les applications de messagerie lancées ces dernières années. Incapable de faire évoluer leur standard, les opérateurs ont du coup perdu des sources de revenus importants, les consommateurs préférant opter pour des services proposés par Facebook, Telegram ou Apple, qui font transiter leurs messages via internet. Mais les choses changent, petit à petit.

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Davantage de fonctions que le SMS

Les opérateurs de téléphonie mobile développent depuis des années le RCS, qui serait aujourd’hui employé par plus de 76 opérateurs dans le monde. Que permet-il? Il offre la possibilité d’envoyer facilement des vidéos, des stickers, des images ou des sons. Le RCS autorise à lancer des appels vocaux et vidéo. Lors de l’envoi de messages, on peut obtenir une confirmation de lecture. Il est aussi possible de voir en direct si un correspondant est en train de rédiger un message. Enfin, l’utilisation du RCS sur son ordinateur est aussi possible.

Toutes ces fonctions existent déjà depuis longtemps au sein d’applications lancées par des entreprises. Le but du RCS est qu’il soit standard et utilisable de manière universelle, sans devoir créer un compte spécial. Exactement comme le SMS: il suffit de posséder un téléphone.

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Google s’impatiente

Voilà pour la théorie. Car en pratique, les opérateurs de téléphonie mobile sont si lents à déployer le RCS que Google, ardent promoteur de ce standard, leur force désormais la main. La semaine passée, le géant américain annonçait son intention de lancer ces prochains jours le RCS en France et en Grande-Bretagne. Il faudra remplir plusieurs conditions pour l’utiliser: posséder un smartphone tournant avec son système Android (au minimum sa version 5) et utiliser la mise à jour 4.4 de l’application Android Messages. En clair, le RCS n’est pas encore tout à fait universel, puisqu’un utilisateur français d’un smartphone Android ne pourra pas envoyer de RCS à un ami possédant un iPhone… Ce dernier recevra le message en SMS.

Apple ne dit pas si et quand ses appareils supporteront le RCS. Et l’on ne sait pas encore comment les RCS seront facturés – a priori, ils seront débités du forfait mensuel de données.

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Swisscom se prépare

Que se passe-t-il en Suisse? Pour l’heure, aucun opérateur ne propose le RCS. En avril dernier, Swisscom indiquait dans la NZZ qu’il voulait l’introduire dans le courant de l’année. Depuis, l’opérateur n’a, semble-t-il, rien de neuf à annoncer. «Nous travaillons avec Google et d’autres partenaires pour introduire le RCS sur le marché suisse, glissait la semaine passée une porte-parole. Nous prévoyons de lancer le RCS au second semestre 2019. Nous sommes en train de construire l’infrastructure nécessaire et nous testons déjà le service avec des clients sélectionnés.» Sunrise et Salt ne donnent pas de précision sur leurs plans.

Il faudra donc attendre avant de pouvoir essayer le RCS. A noter que, dans sa version actuelle, il possède un sérieux inconvénient par rapport à WhatsApp ou iMessage: il n’y a pas de chiffrement de bout en bout des communications. Il est possible que ce souci de sécurité soit corrigé dans les prochains mois.

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