Saudi Aramco est l’exact opposé d’Uber ou de Lyft

L’entreprise la plus rentable du monde devrait faire son entrée à la bourse de Riyad dans les semaines qui viennent. Pour susciter l’intérêt des investisseurs, Saudi Aramco a bâti le marketing de son introduction en bourse (IPO) autour de deux chiffres: 111 et 85 milliards de dollars. Le premier correspond au bénéfice net de 2018 du groupe pétrolier saoudien, qui a déjà généré 68 milliards de profits sur les neuf premiers mois de 2019. Le second est le montant de dividende qu’il prévoit de distribuer en 2020. «Acheter l’action Saudi Aramco revient à acquérir un rendement avec des dizaines d’années de visibilité, analyse Frédéric Potelle, directeur de la recherche de la banque Bordier. Le groupe pétrolier saoudien dispose de plus de 50 ans de réserves prouvées, soit 4 ou 5 fois plus que les autres majors, et ses coûts de production sont aussi 4 ou 5 fois plus bas.»

Aramco affiche un profil financier sans équivalent dans le monde, poursuit Frédéric Potelle, qu’il s’agisse de sa surface financière, de la valeur d’entreprise (le gouvernement vise une valorisation boursière d’au moins 1500 milliards de dollars) et de cash-flow libre (son flux de trésorerie disponible). «Le cash-flow libre devrait atteindre 100 milliards de dollars pour 2019, ce qui est colossal. Quant aux 75 milliards de dividende mentionnés, ce montant pourrait monter à 100 milliards d’ici à 2 ou 3 ans, une fois terminée la phase d’investissement actuelle dans des installations de raffinage et de chimie», analyse notre interlocuteur.

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