«Salt doit garder des magasins ouverts», affirme son directeur

Pascal Grieder, comme la majorité de ses employés, travaille depuis chez lui. «Ma situation n’est pas exceptionnelle. C’est juste un peu plus compliqué parfois avec trois enfants. Mais je me suis adapté», assure le directeur de Salt. L’opérateur basé à Renens (VD) publiait mardi ses résultats 2019: le chiffre d’affaires a baissé sur un an de 2,3% à 1,02 milliard de francs alors que le résultat opérationnel brut (Ebitda) a reculé de 8,6% à 428,4 millions. Mais ce qui préoccupe Pascal Grieder, c’est l’immédiat: «Nous avons le droit de garder nos magasins ouverts, et c’est même, de notre point de vue, une obligation: je me suis donc assuré que 20 de nos 100 boutiques demeurent en service.» Swisscom et Sunrise ont aussi gardé certains magasins ouverts.

Le directeur de Salt l’assure, ce ne sont que des volontaires qui y œuvrent. «Je comprends tout à fait que des employés ne souhaitent pas y travailler, par crainte ou parce qu’un membre de leur famille est malade. Je respecte cela. Et nous trouvons suffisamment de volontaires. Nous prenons bien sûr de nombreuses mesures de protection pour leur santé.» L’opérateur a introduit le chômage partiel pour environ 200 de ses 1000 employés.

Et il n’y a pas foule dans les magasins de l’opérateur. «Peu de clients s’y rendent désormais, mais ils y viennent pour des actions essentielles: faire réparer leur téléphone, ou charger du crédit pour continuer à l’utiliser.»

Le Covid-19 et l’économie

Fibre davantage demandée

Depuis le début de cette crise sanitaire, Salt offre un volume de données illimité à ses clients commerciaux. Et pour les clients privés? «Nous proposons gratuitement des chaînes de télévision pour enfants et nous offrons à tous les frais d’activation pour notre offre sur fibre optique [d’une valeur de 99,95 francs, ndlr]», détaille le directeur.

Justement, la hausse de la consommation de bande passante sur internet observée depuis plusieurs jours va-t-elle doper la demande pour des connexions rapides en fibre optique? «C’est possible. Je pense que de plus en plus de consommateurs se rendent compte de l’importance de posséder une connexion très rapide et fiable. Je vois aussi que certains concurrents tentent de copier notre offre.» Mardi, sans préciser le nombre total de ses clients en fibre (il en comptait 50 000 en août 2019), Salt affirmait que cette technologie était disponible pour 200 000 ménages supplémentaires, soit plus de 1,5 million de foyers. Dans le bassin lémanique, en particulier, Salt constate une forte demande de fibre optique et l’opérateur affirme acquérir «de nombreux clients commerciaux».

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La 5G, «une nécessité»

Sur ses réseaux mobile et fixe, Salt constatait la semaine passée une hausse de 50% du trafic pour la voix et de 40% pour celui des données. L’opérateur assure n’avoir observé aucun engorgement et posséder de la marge par rapport à des hausses futures. La crise actuelle pourrait-elle avoir un impact sur le déploiement de la 5G? «C’est difficile à dire, analyse Pascal Grieder. D’un côté, certains anti-5G diront «regardez, même sans la 5G, les réseaux ont tenu bon». Mais en réalité, sans la 4G, il aurait été impossible d’absorber un tel trafic. Et d’ici deux à trois ans, sans la 5G, il sera aussi impossible de répondre à la demande. La 5G est une nécessité, c’est aussi simple que cela.»

Une nécessité, mais qui se fait attendre chez Salt, ses concurrents Swisscom et Sunrise ayant activé leurs réseaux il y a un an déjà. Il n’y a pas d’urgence, affirme Pascal Grieder. «Nous avons commencé à déployer notre réseau et nous lancerons la 5G d’ici à la fin du deuxième trimestre. Et nous allons rattraper rapidement notre retard sur nos concurrents, malgré les moratoires décidés par certains cantons.»

Avec Huawei

Mardi, Salt a annoncé qu’il allait non seulement utiliser les équipements de Nokia pour son réseau mobile, mais aussi ceux du chinois Huawei. «Toutes les vérifications de sécurité ont été effectuées», assure le directeur de l’opérateur.

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