Raiffeisen: une fin heureuse à la débâcle de Pierin Vincenz

Raiffeisen vend les 100% de sa banque privée Notenstein La Roche à l’établissement zurichois Vontobel. Le prix de la transaction est de 700 millions de francs.

Raiffeisen veut se concentrer à l’avenir sur le segment de la clientèle privée possédant un patrimoine petit à moyen, indique jeudi le groupe basé à St-Gall dans un communiqué commun avec Vontobel. (ATS)

L’histoire d’une vaste offensive prend fin ce 24 mai avec la reprise par Vontobel de Notenstein La Roche pour 700 millions de francs. Patrik Gisel, le patron de Raiffeisen, affirme que «ce n’est pas un abandon de la stratégie de diversification». Les faits prouvent l’inverse. C’est de façon organique que Raiffeisen s’apprête maintenant à croître dans la gestion de fortune.

Une reprise en 2012

Avec Pierin Vincenz, Raiffeisen avait repris en 2012 pour environ 580 millions, les affaires non américaines de l’une des plus anciennes banques du pays, l’ex-Bank Wegelin, dirigée par Konrad Hummler, en conflit avec le fisc américain. Elle l’avait rebaptisée Notenstein et promis une politique de croissance. Mais l’institut, qui dépassait 20 milliards sous gestion, a stagné puis décliné. Ses fonds sous gestion se sont effrités. Même après la fusion avec la banque privée bâloise La Roche en 2015, les actifs n’ont pas décollé. Aujourd’hui, il ne reste que 16,5 milliards sous gestion d’un institut dirigé par les représentants du petit partenaire (La Roche). Son ancien directeur, Adrian Künzi, est passé chez UBP.

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Vontobel, un parcours sans faute

Entre-temps, Raiffeisen et Pierin Vincenz, longtemps en conflit juridique avec Vontobel, sous la direction de Zeno Staub, a vendu à ce dernier ses activités dans les fonds de placement (Vescore). Et l’investissement de Raiffeisen dans les produits structurés (Leonteq), à un niveau élevé, a dû être dynamisé par le financier Rainer-Marc Frey après une forte baisse de valeur. A l’inverse Zeno Staub, le patron de Vontobel, présente un parcours sans faute. Il augmente d’un tiers sa taille dans la gestion de fortune et reprend une banque qu’il connaît bien. Le prix est toutefois étonnamment élevé compte tenu de la dynamique négative de l’institut. Mais le détail de la qualité des actifs et de la rentabilité fait défaut.

Après plusieurs petites acquisitions, la reprise de Notenstein La Roche permet à Zeno Staub d’avoir un groupe équilibré entre le private banking, la banque d’investissement (produits structurés) et la gestion d’actifs.

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