Qu’ils soient achetés ou loués, les camping-cars ont une cote d’enfer

Dans les classes, les élèves trépignent. Les relâches d’été, ces nombreuses semaines où ils vont pouvoir «mettre leurs cahiers au feu», sont proches. Mais les enfants – et leurs enseignants – ne sont de loin pas les seuls à s’impatienter. En France, une récente étude de la plateforme de recrutement Qapa a découvert que, sur 4,5 millions d’employés et de cadres sondés, près de la moitié assurent lever le pied dès le milieu du mois de juin.
Pour les futurs vacanciers, ces jours sont l’opportunité de régler les derniers détails des séjours à venir ou, pour un nombre croissant d’entre eux, de préparer leur camping-car à (re)prendre la route. En Suisse, comme dans d’autres pays européens, ils sont en effet de plus en plus nombreux à se laisser tenter par la mode du caravaning.

Pour preuve, les immatriculations ne cessent d’augmenter. «Une fois de plus, la tendance se confirme, vu qu’au premier trimestre les camping-cars représentent 88,2% des 1292 véhicules nouvellement immatriculés dans le groupe véhicules utilitaires. Pris isolément, ils ont même augmenté de 44,9% par rapport à l’année passée», détaille le porte-parole d’Auto-Suisse, Christoph Wolnik.

Boom du fourgon modifié

Propriétaire depuis quelques années d’un Camper Van (ou fourgon amélioré), la famille Barraud fait partie de ces nouveaux adeptes du caravaning. Partie une première fois à l’aventure en 2016 pour deux mois de voyage en Scandinavie, elle est depuis tombée sous le charme de ce type de vacances. «Nous apprécions la liberté qu’offre notre van de ne rien planifier en avance, de partir et rentrer quand nous le souhaitons», raconte le père.

Très en vogue actuellement, le camper van (fourgon utilitaire transformé en camping-car) rajeunit une clientèle longtemps composée principalement de retraités. «En donnant une image de liberté et de fun, les camper vans font actuellement exploser les ventes», confirme Elvis Lehmann, directeur du Garage du Lion et responsable pour la Suisse romande de Caravaningsuisse.

En plus d’être moins onéreux à l’achat et de pouvoir servir dans la vie de tous les jours, ces modèles ont l’avantage d’être passe-partout, un élément non négligeable surtout dans les pays où la tolérance à l’égard des camping-cars à tendance à se réduire. En France par exemple, dans une période où les municipalités sont de plus en plus enclines à limiter le stationnement nocturne aux modèles classiques, les fourgons peuvent plus facilement passer inaperçus.

Une clientèle diversifiée

Les vacanciers, jeunes ou âgés, ne sont plus les seuls à se laisser séduire. Elvis Lehmann mentionne l’attrait croissant du caravaning auprès des amateurs de sport de compétition, de manifestations culturelles diverses, voire de concours canins. «Nous voyons de plus en plus de camping-cars parqués aux abords des manifestations sportives et culturelles. La prochaine fête de lutte à Zoug, par exemple, proposera le plus grand camping non permanent de Suisse.»

Étant donné l’explosion de la demande au cours de la dernière décennie, l’offre n’a pas toujours été adaptée. Il y a deux ans, un article du «Matin Dimanche» soulignait la difficulté des fournisseurs à livrer les véhicules dans des délais raisonnables. «Il faut attendre jusqu’au mois de novembre pour se faire livrer certains modèles. Mes parents n’ont jamais connu un flux aussi tendu», expliquait la patronne de Carevasion à Orbe.
Désormais, la situation se serait stabilisée. C’est en tout cas ce qu’assure Roger Clavaret, directeur marketing du géant français Trigano. «Il n’est plus permis aujourd’hui de parler de pénurie étant donné l’adaptation de nos unités de production. Pour cela il a fallu réorganiser la société, investir dans la construction de nouveaux bâtiments et l’embauche puis la formation de personnel supplémentaire», explique-t-il en mentionnant la fabrication de 9000 véhicules en 2018.

Consolidation du marché

Sur l’impulsion du groupe français, le marché s’est consolidé au cours des deux dernières années. Après avoir acquis, début 2017, son concurrent britannique Auto-Sleepers Investments (150 millions de chiffre d’affaires), Trigano rachetait 85% des parts du groupe slovène Adria, le numéro 3 européen avec ses 350 millions d’euros de revenus et quelque 1700 salariés.

Avec 25 marques différentes, Trigano, passée en 1987 en mains de la famille Feuillet, règne actuellement sur le marché européen. «Mon appétit s’arrêtera en 2020», assurait son président François Feuillet au moment de conclure ces deux opérations.
D’ici là, entre les juillettistes et les aoûtiens, ils devraient être plus de deux millions et demi à partir sillonner la France en camping-car ou fourgon aménagé.

(TDG)

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