Quand l’éco va, tout va?

Janvier 2016, des craintes sur la croissance américaine ou sur de nouvelles faillites bancaires en Europe, et une probable dévaluation du yuan font dévisser les bourses. Malgré l’analyse objective des faits qui infirme ces inquiétudes, la baisse des marchés qui entraîne de nouvelles baisses justifie ainsi pour certains les craintes énoncées. Comme souvent, dans ces mouvements de panique, il faut résister et résister encore à la pression des marchés.

Avril 2016, on ne parle plus de récession américaine, au contraire les signes de reprise du secteur manufacturier se multiplient et les créations d’emploi progressent encore. De même, la stabilisation de la croissance chinoise se confirme, entraînant dans son sillage une remontée du prix des matières premières, et un arrêt des sorties excessives de capitaux chinois. Quant à l’Europe, le tapis de bombes de la Banque centrale européenne a encore une fois aplati les rendements des obligations souveraines et d’entreprises. Les marchés remontent et l’optimisme avec.

Faut-il résister à nouveau à la pression des marchés? Oui, car beaucoup d’éléments politiques ou directement liés aux marchés créent une réserve de volatilité future explosive.

En Europe, le vote britannique du 23 juin crée une incertitude importante. On se dit que comme toujours face à une telle échéance, la raison l’emportera afin d’éviter un Brexit douloureux pour l’économie anglaise et pour l’avenir politique de l’Union Européenne. Mais la même raison fait qu’aujourd’hui le Brexit n’est pas réellement inclus dans les prix des actions européennes qui restent plutôt élevés. De plus, la différence d’évaluation entre les entreprises qui profiteraient ou subiraient un Brexit est minuscule et cela démontre que la bourse, contrairement aux marchés des changes, n’a quasiment rien anticipé.

Aux Etats-Unis, l’amélioration de la croissance est appréciable, mais elle semble se faire au détriment des marges entreprises alors que la valorisation de la bourse américaine est très élevée. De plus, après de moult renversements de scénario, plus personne n’intègre une remontée des rendements obligataires. Autant dire que les investisseurs américains ne sont aujourd’hui positionnés que pour le meilleur des scénarios…

Enfin, quant au pétrole, si personne ne pense que la réunion de Doha ce week-end débouchera sur une réduction officielle et réelle des quotas de production, les producteurs américains ont déjà agi et la stabilisation du prix du pétrole qui en a résulté réduit les risques déflationnistes.

Alors, quand l’éco va, tout va? non pas forcément, surtout si les marchés étaient positionnés pour profiter du «ca ne va pas fort». Les potentielles conséquences importantes des événements à venir sur les réactions des investisseurs ne peuvent être écartées, simplement parce que leur probabilité de réalisation n’est pas encore élevée.