Promesses de campagne aux États-Unis: Le rêve brisé des employés de General Motors

En 2016, Donald Trump avait promis de sauver l’usine du constructeur automobile à Lordstown, dans l’Ohio. Une promesse non tenue qui a laissé des traces dans la ville ouvrière à l’agonie.

Frank Sarna, un ancien employé de General Motors, devant sa maison près de l’usine de Lordstown, dans l’Ohio.

Frank Sarna, un ancien employé de General Motors, devant sa maison près de l’usine de Lordstown, dans l’Ohio.

Jean-Cosme Delaloye

Les feux de circulation à l’entrée de Lordstown se balancent comme des âmes en peine sous les bourrasques d’un vent frais dans la grisaille d’un matin d’octobre. Le ciel bas souligne la tristesse du spectacle offert par le parking désespérément vide et envahi par les fougères de l’ancienne usine General Motors (GM). Malgré les promesses de Donald Trump en 2016 de sauver la ville ouvrière du nord de l’Ohio, la dernière Chevrolet Cruze est sortie des lignes d’assemblage le 6 mars 2019.

La grève orchestrée par le syndicat United Auto Workers (UAW) n’a rien changé. Les plus chanceux ont été délocalisés dans d’autres chaînes de production de GM. D’autres, comme Frank Sarna, ont perdu leur emploi et sont restés échoués dans leur maison que Donald Trump leur avait conseillé de ne pas vendre. Frank est un homme solide qui ne fait pas ses 59 ans. Ses vieilles baskets, le fauteuil fatigué dans lequel il a pris place, les cadavres de bouteilles poussiéreux et les mégots de cigare écrasés dans le cendrier, racontent l’histoire de son cauchemar depuis qu’il a perdu son emploi. «C’était le 31 juillet 2018, se remémore-t-il. J’ai travaillé sur les moteurs, sur les châssis, sur les enjoliveurs ainsi qu’au contrôle qualité. Sept ans au total.»

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