Privatisation de Postfinance: Le projet n’enchante pas le boss du géant jaune

Le patron de La Poste ne voit pas d’un bon œil l’idée d’un passage de l’entreprise aux mains privées. Selon lui, la perspective mettrait à mal les offices postaux.

Roberto Cirillo, le patron de La Poste.

Roberto Cirillo, le patron de La Poste.

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Le directeur général de La Poste Roberto Cirillo met en garde contre le projet du Conseil fédéral visant à privatiser Postfinance, qui ferait planer une menace sur le réseau de succursales du géant jaune, a expliqué le Tessinois dans une interview lundi à la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

Le patron de La Poste montre ainsi des divergences de vue avec Hansruedi Köng, qui dirige la filiale Postfinance et soutient le projet de privatisation.

Puisque Postfinance délègue une partie de ses services de paiement aux offices postaux, l’établissement participe au financement du réseau postal, souligne Roberto Cirillo. «Si ces 300 millions de francs venaient à manquer, cela aurait un impact massif», selon lui.

«Un impact massif»

En cas de privatisation, il reviendrait au politique de clarifier ce à quoi devrait ressembler le service postal à l’avenir, prévient Roberto Cirillo.

Le dirigeant exclut cependant tout risque financier pour La Poste, un danger identifié par l’Office fédéral de la communication (Ofcom) dans un rapport publié début février évoquant un problème de rentabilité dès 2025. «Je peux garantir qu’avec notre stratégie, nous serons en mesure d’assurer par nous-mêmes le service postal de base sur le long terme», assure Roberto Cirillo.

Début janvier, le Conseil fédéral a annoncé son intention de privatiser complètement Postfinance, un projet allant de pair avec la levée de l’interdiction faite à l’établissement d’octroyer des crédits. Le bras financier de la Poste fait partie des cinq banques systémiques de Suisse.

ATS


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