Privatemarket.io veut faciliter les investissements dans les sociétés non cotées

La start-up Privatemarket.io prépare son ouverture aux investisseurs suisses au début du mois de janvier prochain. Fondée en 2017 à Hongkong par Loïc Engelhard, un ancien ingénieur de l’EPFL, elle ambitionne de faciliter l’accès au marché privé (par opposition à la bourse où les entreprises sont cotées publiquement). Privatemarket.io propose une plateforme d’échange mettant en relation des gestionnaires de fortune souhaitant investir dans des entreprises non cotées et des gestionnaires de fonds proposant des produits issus du marché privé.

Au-delà des origines de son fondateur, le choix de Privatemarket.io de s’implanter en Suisse correspond à une stratégie étudiée. «La Suisse est en première position dans le secteur de la gestion de fortune», souligne Loïc Engelhard, de passage à Lausanne. Déjà accessible à Hongkong, la jeune pousse compte aussi sur sa double implantation pour convaincre des investisseurs qui ont parfois du mal à pénétrer le marché asiatique.

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«Il y a une tendance très claire, note Loïc Engelhard. Il y a plus de compagnies qui ne sont pas cotées, ou qui souhaitent rester privées, que d’introductions en bourse.» Au-delà de l’engouement croissant pour le private equity et ses rendements, la jeune pousse espère aussi séduire des investisseurs qui n’avaient jusqu’alors pas accès à ce marché.

Faciliter l’accès au marché privé

Traditionnellement, seuls les investisseurs institutionnels, comme des fonds de pension ou des assurances, ont la capacité d’y intervenir, car ces investissements demandent l’immobilisation de sommes minimales se comptant le plus souvent en millions de francs sur des durées de plusieurs années. En utilisant un système d’agrégation, Privatemarket.io propose des tickets d’entrée à partir de 150 000 francs.

Avec cette offre, la start-up vise des banques qui ne sont pas en mesure de proposer des actifs issus du marché privé et s’adresse aussi à des bureaux de gestion de patrimoine. «Notre but est d’offrir une solution aux banques, pas de les concurrencer, en leur offrant une infrastructure qui leur permet d’accéder à ce type de produits et de se différencier en les proposant à leurs clients», précise Loïc Engelhard. Pour se financer, Privatemarket.io prélève une commission du côté des investisseurs lorsqu’ils touchent un retour sur leur investissement. Elle revendique actuellement plus de 300 organismes actifs pour environ 198 millions de francs de transaction.

Pour autant, Privatemarket.io n’entend pas remplacer les conseillers en investissement sur le marché privé. «Nous sommes une plateforme d’échange destinée à faciliter un processus, affirme Loïc Engelhard. Nous pensons qu’investir sur les marchés privés demande une connaissance et une stratégie d’investissement, c’est pour cela que nous proposons d’investir via des gestionnaires de fonds.» Pour garantir la qualité des produits, la start-up a recours à un tiers basé au Royaume-Uni pour réaliser une évaluation (due diligence) des fonds qui les proposent. Dans un second temps, Privatemarket.io souhaite également introduire plus de liquidité dans ce marché en permettant la revente des actifs avant leur terme.

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