Private banking helvétique: la grande illusion de la transparence fiscale

L’échange automatique devait faciliter l’ouverture de comptes en Suisse par des étrangers. Mais la dégradation des conditions-cadres est telle que détenir un compte en Suisse relève souvent de la course d’obstacles

Le private banking est un domaine où les grands projets de transformation politique et diplomatique sont achevés ou en voie de l’être. L’échange automatique de renseignements (EAR) à grande échelle a débuté en 2018 et il paraîtrait aussi normal d’avoir un compte en Suisse que d’en posséder un en France, en Allemagne ou en Italie, en tout cas en théorie. Même un client russe, chinois ou brésilien pourrait demain faire gérer ses avoirs chez nous sans autre tracasserie que celle qui consiste à s’annoncer auprès de son autorité fiscale. Certains consultants dans le secteur bancaire et d’autres professionnels des marchés boursiers s’attendaient donc à ce que le net new money [les afflux nets de capitaux] ou encore le cost-income ratio [rapport entre les coûts et les revenus] des banques de gestion s’améliore considérablement dès la mise en œuvre effective de ce changement de paradigme.

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