Prévoyance vieillesse: le besoin d’une rupture

L’AVS court d’une hausse de la TVA à l’autre et peine à convaincre d’une hausse légale de l’âge de la retraite. Le deuxième pilier tente de modifier le taux de conversion de la partie obligatoire sans trop effrayer les électeurs-contribuables. Le nouveau projet des partenaires sociaux (Union patronale, Union syndicale suisse et Travail.Suisse) réduit aussi la déduction de coordination pour enfin tenir compte du travail à temps partiel. Mais en termes d’innovation, ce dernier projet fait un pas en arrière. Il introduit une nouvelle rente, soit un nouveau volet de répartition à un système basé sur la capitalisation. On casse les saines séparations entre les trois piliers du système suisse de prévoyance (répartition, capitalisation, épargne privée). Et on ajoute un volet de solidarité à un 2e pilier qui a déjà le tort de redistribuer annuellement 7 milliards de francs des jeunes aux retraités.

Dans la prévoyance professionnelle, compte tenu des règles strictes qui déterminent les paramètres de la partie obligatoire, c’est la partie surobligatoire qui est l’objet des nécessaires ajustements de la part des caisses de pension. Les institutions gèrent 650 milliards de ce segment, le surobligatoire, où elles peuvent décider elles-mêmes du niveau des paramètres (taux de conversion et taux technique). Aujourd’hui, les partenaires sociaux projettent de ramener le taux de conversion de 6,8% à 6% (sans aucune certitude d’aboutir compte tenu du processus politique), mais en réalité le taux est déjà tombé à 5,73% en raison de sa chute dans le surobligatoire.

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