Prévisions pessimistes des entreprises de l'Arc jurassien

Les prévisions en matière d’entrées de commandes font état de baisses substantielles pour l’ensemble des entreprises de l’Arc jurassien, et cela indépendamment de leur taille ou de leur positionnement.

La préservation de l’emploi et la capacité de production sont des nécessités incontournables des prochains mois.

La préservation de l’emploi et la capacité de production sont des nécessités incontournables des prochains mois.

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L’Arc jurassien subit de plein fouet la dégradation de la conjoncture liée au Covid-19. Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) dresse un tableau sombre de la situation dans cette région exportatrice. Des conditions préexistantes à la pandémie accentuent la menace qui pèse sur l’emploi.

La propagation de la pandémie a imposé de nouveaux défis aux entreprises industrielles. Directement interrogées dans la phase de déconfinement et de reprise partielle des activités, les entreprises font état de nouvelles priorités imposées brutalement par la dégradation de conjoncture consécutive à la pandémie.

Les prévisions en matière d’entrées de commandes font état de baisses substantielles pour l’ensemble des entreprises, et cela indépendamment de leur taille ou de leur positionnement. Les résultats opérationnels connaissent une même tendance et une diminution des performances financières est attendue partout.

Autre inquiétude, les capacités d’investissement qui jouent un rôle déterminant dans le potentiel d’innovation ne parviennent pas à se maintenir, a souligné mercredi le directeur de la CEP Patrick Linder en commentant le baromètre industriel post-déconfinement. Cet instrument est basé sur les anticipations des entrepreneurs du secteur secondaire.

Des conditions préexistantes à la pandémie ont aussi contribué à cet effondrement des indicateurs. Les secteurs de l’automobile et de l’horlogerie montrent un manque de vitalité depuis l’an dernier. Pour le directeur de la CEP, la congestion mondiale de l’économie et l’arrêt des activités au niveau local accentuent une situation déjà sensible.

Trouver des liquidités

Pour l’ensemble des entreprises interrogées par la CEP dans le cadre du baromètre industriel, la préservation des liquidités s’impose comme la première nécessité. Les liquidités sont mises sous pression par le blocage de l’économie. Elles sont aussi rognées depuis trois mois par des charges fixes.

Cette érosion des liquidités met en danger les entreprises, avertit la CEP. Pour son directeur, l’allongement du chômage partiel à 18 mois constitue une action minimaliste pour aider une majorité d’entreprises à surmonter cet accueil.

Patrick Linder estime que le maintien des activités de recherche et développement est capital pour sauvegarder la capacité d’innovation de l’économie suisse. Mais les conditions actuelles le rendent non finançable pour de nombreux cas. Le directeur de la CEP suggère d’autoriser les équipes de développement à travailler tout en touchant les indemnités des réductions d’horaire de travail (RHT).

Relancer la consommation mondiale

La préservation de l’emploi et la capacité de production sont des nécessités incontournables des prochains mois. Mais ces deux facteurs «demeurent inféodés» à la reprise de l’économie globale dans son ensemble, notamment sur le plan de la consommation privée.

«La faiblesse de la consommation privée mondiale a par exemple une influence directe sur l’horlogerie ou l’automobile qui impactent tout l’écosystème de production», résume Patrick Linder.

(ATS/NXP)

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