Pour la France, le rappel de l’Histoire éclaire les comportements d’aujourd’hui

L’euro n’est pas le franc, il ne peut être dévalué. Lorsque sa valeur est trop élevée pour un pays, la recherche de compétitivité y engendre plus de chômage dans un premier temps. Personne ne viendra créer de la richesse en France, si la confiance n’est pas au rendez-vous, mais comment pourrait-elle y être dans les circonstances présentes?

Un climat d’émeute, voulu par les uns, redouté par les autres, réveille les images révolutionnaires et des comportements antagonistes dans la population.

Le manque de culture économique des Français est une évidence regrettable. Elle n’a eu pour réponse que la démagogie coupable des dirigeants depuis presque quatre décennies, la fiscalité en perpétuel changement est plus coercitive qu’incitative.

François Mitterrand «voulait supprimer la bourgeoisie française», confiait-il à son prédécesseur, provoquant l’exil, seule issue pour certains. Ainsi nos fleurons de l’industrie ne sont plus détenus en France, mais à l’étranger, dans des pays où la fiscalité est plus équilibrée, ou bien ils sont détenus par les fonds de pension américains…

Trop d’impôt tue l’emploi

La coercition par l’impôt a des effets pervers que le président Macron a parfaitement compris. Les chiffres d’exilés fiscaux se comptent en plusieurs centaines de milliers sur les 2,5 millions de Français résidents à l’étranger, entre 10 et 20%. Ces départs, vers des pays dont la fiscalité est plus mesurée, sont générateurs d’emplois et de revenus, mais hors de France. De façon directe ou indirecte, ils constituent dans ces pays d’accueil un apport de richesse. C’est pour cela que nos impôts à caractère confiscatoire n’ont jamais été repris par nos voisins.

La conséquence du dogme égalitariste, pharmacopée élective propre à la gauche française, a répandu un esprit de jalousie, chez nos concitoyens, qui n’existait pas. Ceux qui réussissent ont une connotation négative en France et positive chez les Anglo-Saxons, l’exil entraîne moins de richesse dans l’économie nationale et plus de misère sur place, simultanément à un accroissement jamais vu des dettes de l’Etat.

Des voix s’élèvent pour crier leur détresse. De la ruine qu’ils subissent, ils ne réalisent pas que les responsables se trouvent parmi les dirigeants d’hier, démagogues pour satisfaire leurs ambitions d’opportunistes sans courage…

Les vérités de Milton Friedman

Le paradoxe de Milton Friedman est une vérité dont tout le monde devrait se souvenir: «La société qui place l’égalité avant la liberté n’aura au bout du chemin ni égalité ni liberté, celle qui place la liberté avant l’égalité aura, sans l’avoir voulu, plus d’égalité et plus de liberté.»

«L’homme seul, qui n’appartenait à personne, mais appartenait à tout le monde» est pour toujours à Colombey. Sa détermination totale au redressement des finances publiques par la mise en œuvre d’actions inédites fête cette année son 60e anniversaire. Sa volonté a toujours été de rassembler tous les Français et non d’opposer ou d’exclure telle ou telle catégorie.

Les récits du redressement effectué en 1958 par le général, avec la collaboration de son ministre des Finances Antoine Pinay et de l’économiste Jacques Rueff, convergent pour nous expliquer que la mise en œuvre du plan n’a pas été un long fleuve tranquille!

Le général de Gaulle est à la tête d’un gouvernement d’union nationale pour sept mois. Un pouvoir qu’il détient de la situation en Algérie, explosive en mai 1958. L’adoption de la Constitution de la Ve République avec les pleins pouvoirs lui permet de contourner l’assemblée et d’opérer par ordonnances. Sa légitimité incontestable ne lui suffit pas, il exige l’adoption du plan par la totalité des ministres, sinon «il se retire à Colombey dans la demi-heure, sans retour possible». Il obtient, non sans peine, l’unanimité.

Le président Macron aurait pu s’inspirer de la façon dont a été conduite cette réforme, mais il aurait fallu, en toute légitimité, le faire dès le début de son mandat.

Le mot de Rueff, ce libéral anti-keynésien, est toujours d’actualité: «La difficulté n’est pas de concevoir, mais de permettre de réaliser.»

La fronde qui s’est levée, faite de slogans populistes relayés par les journalistes tel «le rétablissement de l’ISF…», n’est pas de nature à refaire l’unité nationale. Si l’ISF avait été déclaratif pour tous les foyers fiscaux, la justice n’en aurait pas souffert, mais l’opinion publique s’en trouverait modifiée. La décision du président Macron serait aujourd’hui moins contestée, il lui faut impérativement réduire les charges de l’Etat. La dette rapportée au produit intérieur brut place la France sous la moyenne des pays de l’Union.

Si l’on veut éviter au pays un désastre, «il faut lui faire vouloir son salut, lui dire les moyens de l’obtenir, les raisons de le désirer».

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