Pour des raisons sanitaires, il sera possible de payer sans contact jusqu’à 80 francs

Il sera désormais plus facile de payer sans contact en Suisse. Jusqu’à un montant de 80 francs, un client pourra simplement approcher sa carte de débit, de crédit ou prépayée d’un terminal de paiement, sans devoir entrer son code PIN. Jusqu’ici, la limite était fixée à 40 francs.

Lire aussi: Le coronavirus pourrait précipiter la fin du cash

Les émetteurs de cartes se sont mis d’accord conjointement pour ce relèvement, annoncé mercredi comme «temporaire» et qui doit être mis en place d’ici à mi-avril. Visa, Mastercard, American Express, PostFinance et tous les acteurs concernés en Suisse disent ainsi suivre la volonté des consommateurs qui «souhaitent actuellement régler leurs achats par paiement mobile et sans contact», de peur d’être contaminés par le coronavirus en touchant des billets de banque et des pièces de monnaie ou en tapant leur code sur un terminal. Visa, notamment, dit avoir reçu de «nombreuses sollicitations des commerçants et des consommateurs» dans ce sens.

Mise à jour en cours

De son côté, SIX Payment Services, le fournisseur de terminaux de paiement, appartenant à la société Worldline, travaille à cette mise en œuvre. Le changement ne touche pas que la Suisse, un grand nombre de pays européens ayant vu un doublement de la limite des paiements sans contact, l’un des premiers étant la Pologne, fin mars, puis l’Autriche, le 2 avril.

Le changement ne peut se faire du jour au lendemain, car il nécessite une mise à jour des appareils, mais cette période est «courte», assure l’entreprise, qui fait ce travail pour une petite vingtaine de pays en ce moment. Elle précise: «Aucune action n’est requise de la part des vendeurs, les terminaux adaptant les nouvelles limites automatiquement.»

Préparation «sérieuse»

«Puisque le système des paiements est une infrastructure centrale – en particulier dans la période actuelle – les changements doivent être préparés sérieusement et suffisamment testés», précise néanmoins une porte-parole de Mastercard. Tous les acteurs préviennent en outre que la mise à jour ne sera pas simultanée pour toutes les cartes et dans tous les commerces.

Le Covid-19 et l’économie

Pour l’instant, seuls les moyens de paiement par smartphone ou smartwatch, dont Twint ou ApplePay, permettent davantage de flexibilité. L’utilisateur du premier, par exemple, peut décider lui-même de la limite d’achat où il souhaite entrer un code. Twint a d’ailleurs fait état d’un intérêt considérable pour ses services depuis le début de la crise. «Nous comptons plus de 7000 nouvelles inscriptions chaque jour, contre près de 3000 avant la crise sanitaire, et nous enregistrons une forte demande chez les commerçants de tout type et de toute taille», a précisé la société début avril dans un communiqué.

Lire aussi: Les commerces peuvent refuser les achats en cash

Depuis le début de l’épidémie, le cash est devenu suspect. L’OMS a recommandé d’utiliser des moyens de paiement sans contact, tandis que certaines banques centrales mettent des billets en quarantaine ou les nettoient. Pourtant, la dangerosité des billets de banque et pièces de monnaie n’est pas véritablement démontrée et d’autres banques centrales ont communiqué sur les risques limités de la transmission de cash d’une personne à une autre.

Selon une étude de la Banque des règlements internationaux, parue en fin de semaine dernière, «les études scientifiques montrent que la probabilité d’une transmission via des billets de banque est faible quand on la compare avec d’autres objets fréquemment touchés, comme les terminaux de cartes de crédit ou les claviers d’identification personnelle». D’où l’importance des paiements sans contact.

monchange.ch