Pittet Associés a un nouveau patron

Un changement dans la continuité. Après Meinrad Pittet, qui a fondé la société il y a vingt-sept ans, puis David Pittet, en poste pendant plus de quinze ans, c’est Stéphane Riesen qui dirige Pittet Associés depuis janvier.

L’annonce de la reprise du capital du consultant par Vaudoise Assurances, le 18 juillet dernier, avait fait jaser dans le monde de la prévoyance.

Poursuite de la stratégie

Avec Stéphane Riesen, c’est la solution interne qui a été privilégiée. Né en 1977 et diplômé en actuariat de l’Université de Lausanne, il a débuté chez Pittet Associés il y a vingt ans pour devenir l’adjoint du directeur général et responsable de l’actuariat (utilisation des méthodes statistiques à la prévoyance et à l’assurance) et, à ce titre, il a participé à l’ouverture de bureaux à Lausanne, Berne et Sion. Dorénavant numéro un de la société, il déclare au Temps que sa nomination en tant que directeur général ne modifiera pas fondamentalement la stratégie et l’organisation de Pittet Associés. Il conserve d’ailleurs la plupart de ses mandats d’expert auprès de diverses institutions de prévoyance publiques (FPTPG, CPCL, CIP, Prévoyance.ne, CPPEF, CPVF) et privées de Suisse romande. C’est en effet un spécialiste du financement des caisses de pension.

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Depuis l’annonce de la reprise par le groupe Vaudoise, il n’y a eu «ni départ d’experts, ni réorganisation», assure-t-il, ajoutant que lui-même n’a pas participé à la négociation. «David Pittet souhaitant donner une nouvelle orientation à sa carrière, on m’a proposé de reprendre la direction et j’ai accepté», indique-t-il.

Dorénavant, deux personnes du groupe Vaudoise sont au conseil d’administration de Pittet Associés. «L’idée de l’alliance consiste à maintenir l’indépendance de l’activité de conseil de Pittet Associés dans le respect de ses valeurs, un objectif de continuité sans chercher des synergies de frais, mais plutôt de compétences dans des domaines particuliers.»

Absence de conflits d’intérêts

Le patron de Pittet «rejette la critique portant sur une perte d’indépendance – critique venant parfois de concurrents qui eux-mêmes appartiennent à une assurance active dans le deuxième pilier sous toutes ses formes (fondation collective, gestion d’actifs, gestion de caisses de pension et vente de solutions informatiques aux institutions) et qui affirme que Pittet ne sera plus indépendant».

La question porte ici sur l’influence de l’actionnaire sur l’expert et sur la définition de l’indépendance. «D’une part, il n’y a aucune prérogative du groupe Vaudoise dans la gestion de notre métier de base. Il n’y a aucun conflit d’intérêts», déclare Stéphane Riesen. Vaudoise Assurances n’est nullement actif dans le domaine du deuxième pilier, ni dans la gestion d’actifs, ni dans la réassurance, précise-t-il. «D’autre part, l’indépendance ne doit pas être comprise sous l’angle économique, mais sous celui de la gouvernance. Elle se définit comme l’absence de conflits d’intérêts.»

Sur l’intérêt de la démarche de la part de Vaudoise, Stéphane Riesen indique que l’idée est celle d’une «complémentarité de revenus dans un monde où les compagnies d’assurances cherchent à diversifier leurs affaires sans s’éloigner du cœur de métier». La Vaudoise est, outre l’assurance, aussi active dans l’actuariat et la finance. Le prix du rachat reste inconnu et le nouveau directeur général n’entend pas le préciser.

Stéphane Riesen qualifie l’année 2019 d’«excellente» pour sa société. Pour 2020, l’objectif consiste à «poursuivre le développement par l’acquisition de nouveaux clients, par exemple en Suisse alémanique et à travers le conseil en investissements». Le directeur général insiste sur le terme de continuité. Les Journées de la prévoyance resteront par exemple à l’agenda.

Le rendement «imbattable» des caisses de pension

La société avait historiquement d’abord offert des services dans le conseil actuariel aux caisses de pension, puis aux petites sociétés d’assurance, dans le cadre de l’introduction du test suisse de solvabilité (SST), avant de croître dans le conseil en investissements, «puisqu’il n’est pas possible de prendre position sur le taux technique sans regarder l’actif du bilan de la caisse de pension», indique Stéphane Riesen. La société dispose aussi d’un service juridique en raison de l’abondance de problématiques juridiques relatives à ce secteur.

Au début 2020, les états financiers des caisses de pension sont en général très bons, mais la bourse peut être très volatile, avance-t-il prudemment. «Tant que les actions n’ont pas été vendues, le gain n’est que comptable.» Une caisse de pension qui a gagné 13% ne peut pas redonner l’entier de ce gain aux assurés parce que si une baisse se produit, la caisse de pension n’a pas le droit de réduire la prestation aux assurés.

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