Philipp Hildebrand vise la tête de l’OCDE

Philipp Hildebrand de retour face aux médias suisses. L’actuel vice-président du plus grand gestionnaire d’actifs du monde, BlackRock, et ancien président de la Banque nationale suisse (BNS) est venu mercredi à Berne annoncer sa candidature inattendue au poste de secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il entend succéder au mexicain Angel Gurria, qui occupe ce poste depuis 2006 et a annoncé son départ pour 2021.

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Une telle candidature ne pouvant se faire que par le biais d’un pays, le Conseil fédéral a «approché Philipp Hildebrand pour qu’il représente la Suisse», a détaillé le conseiller fédéral chargé de l’Economie, Guy Parmelin. «C’est une opportunité unique pour notre pays», a-t-il ajouté. Le Conseil fédéral entend mener une politique de «soutien actif» au candidat et «promouvoir et faire connaître» Philipp Hildebrand auprès des autres pays membres.

«Aucun risque» pour Guy Parmelin

La démission de ce dernier en 2012 avait fait grand bruit. Son épouse avait à l’époque acheté des dollars peu avant la mise en place du taux plancher entre le franc et l’euro, ce qui avait permis de réaliser un gain de quelques dizaines de milliers de francs. Philipp Hildebrand, qui a toujours affirmé n’avoir pas été au courant de cette transaction, avait finalement cédé aux pressions – menées notamment par le tribun de l’UDC Christoph Blocher – afin de «garantir l’intégrité de la BNS».

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Il était donc inédit de voir, huit ans plus tard, un autre UDC soutenir cette candidature en insistant sur «l’envergure, la renommée, l’expérience et le réseau» de Philipp Hildebrand. Interrogé sur ce point, Guy Parmelin a botté en touche: «Ces affaires remontent à environ huit ans… Il n’y a aucun risque que cela génère un handicap à cette candidature. Et les politiques partisanes sont laissées de côté dans les décisions du Conseil fédéral.»

Trois raisons pour un poste

Philipp Hildebrand a mis en avant trois raisons ayant motivé cette décision – qui pourrait faire baisser son salaire annuel non publié (mais estimé à environ 7 millions de dollars par la presse alémanique) à 232 626 euros. Son goût pour les organisations internationales, son envie de revenir dans le secteur public et les défis que présente l’économie mondiale aujourd’hui. «Avec le changement climatique et les bouleversements technologiques, les transformations structurelles de l’économie représentent des défis énormes et l’OCDE a un rôle très, très important à jouer dans les discussions cruciales à venir», a-t-il déclaré.

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L’OCDE rassemble 30 pays représentant 75% du commerce mondial, compte 3300 employés et dispose d’un budget de 386 millions d’euros (2019). Basée à Paris, l’organisation fondée en 1961 veut favoriser une «croissance économique durable, l’essor de l’emploi et la progression du niveau de vie». Son actuel secrétaire général, Angel Gurria, quittera son poste en 2021 et huit candidats sont déjà en lice pour lui succéder. Sa succession devrait être annoncée le 1er mars 2021.

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