Pas de crise dans le luxe, Kering atteint des records

Le groupe Kering a signé un nouveau crû record en 2017, porté par le succès florissant de sa marque-phare Gucci, et se montre «confiant» pour 2018 qui marquera son recentrage sur ses activités Luxe avec le désengagement de Puma. «Kering a réalisé une année phénoménale», a résumé son PDG François-Henri Pinault mardi lors de la publication des résultats annuels, soulignant que le groupe avait, «en un an, créé plus de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire».

Les ventes annuelles du groupe français ont ainsi atteint 15,47 milliards d’euros (17,81 milliards de francs) contre 12,37 milliards un an plus tôt. Son bénéfice net a plus que doublé, passant de 813 millions à 1,78 milliard d’euros. Quant au résultat opérationnel courant, il a bondi de 56%, à 2,9 milliards, générant une marge opérationnelle de 19%.

En Suisse, Kering est notamment actionnaire majoritaire de Sowind Group, basé à La Chaux-de-Fonds. Ce dernier détient les montres Girard-Perregaux et JeanRichard. Le groupe hexagonal possède également la marque locloise Ulysse Nardin.

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Gucci tire le groupe vers le haut

Parmi la vingtaine de marques que regroupe Kering, c’est son fleuron Gucci qui l’a tiré vers le haut en apportant plus du tiers du chiffre d’affaires global, soit 6,2 milliards d’euros.

«Gucci, dont la performance a été spectaculaire, accroît sa désirabilité sur tous ses marchés», a souligné François-Henri Pinault. La griffe italienne signe une croissance organique de 44,6% sur l’exercice, alors qu’elle avait connu une année 2015 chaotique avant de se redresser progressivement en 2016.

Le succès de Gucci permet à la division Luxe du groupe de «franchir pour la première fois les 10 milliards d’euros de ventes. Son résultat opérationnel courant est en très forte progression de 54%; la marge opérationnelle atteint 27% notamment grâce à Gucci, dont la profitabilité a atteint un niveau historique de 34,2%», a précisé le directeur financier Jean-Marc Duplaix lors d’une conférence téléphonique.

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Yves Saint Laurent croît de 20%

Yves Saint Laurent, deuxième marque du groupe, signe «encore une fois une année exceptionnelle avec une croissance supérieure à 20% pour la septième année consécutive», a souligné Jean-Marc Duplaix.

Bottega Veneta – qui avait fini l’année 2016 sur des ventes en repli de 9,4% – poursuit son repositionnement et affiche une activité en progression de 2,4%.

Désengagement de Puma

Du côté des activités Sport et Lifestyle, le mastodonte Puma franchit pour la première fois le cap des 4 milliards d’euros de ventes. Kering, qui détient 86,3% de l’équipementier sportif, avait annoncé en janvier son intention de distribuer 70% de ses titres à ses actionnaires dans le but de se recentrer sur ses activités Luxe.

Mardi, le groupe a annoncé que cette distribution se ferait selon «un ratio d’une action Puma pour 12 actions Kering détenues», sous réserve d’acceptation par l’assemblée générale des actionnaires le 26 avril. «A l’issue de cette opération, Kering conservera 15,70% du capital social de Puma», est-il précisé. Artemis, la holding de la famille Pinault, devrait pour sa part détenir quelque 29% du capital.

François-Henri Pinault a évoqué «l’aboutissement de notre transformation en “pure-player” du luxe», et estimé que «la distribution à nos actionnaires de l’essentiel de notre participation dans Puma leur permettra de bénéficier directement de l’important potentiel de cette marque». Par ailleurs, lors de l’AG fin avril, Kering proposera le versement d’un dividende de 6 euros par action, en hausse de 30%.

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