Neuf ans, déjà!

Depuis quelques semaines, nous sommes tous devenus experts en inflation, experts en hausse des taux et experts en «pourquoi ça va bien finir par baisser». Pourtant ça ne baisse pas. Les chiffres de l’emploi de vendredi passé ont encore prouvé une fois que l’économie américaine va bien. Et après tout, si ça va mal en Europe, on s’en fiche, tant que ça va bien là-bas.

En plus, on aurait pu craindre que le spectre de l’augmentation des salaires et donc d’une inflation galopante revienne nous voir – puisque je le rappelle, c’est quand même à cause de cela que l’on s’est fait une belle frayeur début février.

Mais que nenni, les chiffres de l’emploi étaient canon vendredi dernier et la croissance des salaires était anémique. Du coup, pas besoin de réinventer la finance, le marché terminait en hausse comme une fusée et personne ne trouvait rien à redire au sujet de l’inflation et donc, in-extenso, de la hausse des taux.

Tout est donc bien qui finit bien et on s’attend à parler de «plus haut» historique dans les semaines à venir, car si les craintes inflationnistes s’en vont et que l’on se contente de ne monter les taux «que trois fois», il n’y a plus rien qui va retenir le marché.

«Il y a neuf ans, les visionnaires – Nouriel Roubini en tête – nous prévoyaient des jours toujours plus sombres»

Le marché qui fêtait justement ses neuf ans de «bull market» ce vendredi. Neuf ans que l’on avait touché le fameux niveau mythique des 666 points – pur hasard – sur le S&P 500. À cette même époque il y a neuf ans, nous étions au bord du gouffre, la fin était proche et les financiers visionnaires de l’époque (Nouriel Roubini, pour ne pas le citer) nous prévoyaient des jours encore plus sombres. La fin du monde était définitivement à nos portes, pour ne pas dire qu’elle avait le pied dans la porte et une fesse posée sur une chaise de la salle à manger.

Et pourtant c’est ce jour-là, il y a neuf ans, que nous avons décidé de dire NON à la baisse et depuis ça monte, ça monte et ça monte encore. Il y a six semaines on avait bien cru que c’était terminé et puis en fait NON. Alors longue vie au «bull-market» et bon anniversaire. (TDG)

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