Nestlé remet l’alimentation au cœur de sa stratégie

Après le calme des grandes vacances estivales, Nestlé entame cette rentrée 2018 à toute allure. Coup sur coup, à deux jours d’intervalle, le géant veveysan a fait part aux marchés et investisseurs de deux décisions importantes.

La première concerne Gerber Life, filiale spécialisée dans les assurances jeunesse et familiales. Depuis le mois de février et l’annonce que Nestlé était en train d’étudier certaines «options stratégiques», son destin était en balance. Finalement, le géant de l’agroalimentaire a choisi de céder cette division à Western & Southern Financial Group pour 1,55 milliard de dollars. «Cette vente devrait être conclue à la fin de 2018 ou au début de 2019, après obtention des approbations réglementaires et conditions de clôture habituelles», précise le groupe.

Nestlé Skin Health

Jeudi, l’entreprise a révélé que tout un autre pan de ses activités faisait actuellement l’objet d’une analyse similaire: Nestlé Skin Health. Selon son CEO, Mark Schneider – qui évoque pourtant le développement de stratégies de croissance fructueuses au cours des deux dernières années – «il est temps de chercher quel propriétaire pourrait être mieux à même d’emmener cette division au prochain niveau». Un avis partagé par Paul Bulcke. Le président du groupe confirme en effet que «le conseil d’administration est convaincu que l’exploration d’options stratégiques pour Nestlé Skin Health est dans le meilleur intérêt à long terme de cette entreprise ainsi que celui des actionnaires du groupe».

Moins connue que d’autres entités de Nestlé, cette division regroupe les produits du laboratoire Galderma et dispose d’une gamme de soins et solutions médicales dans le domaine de la dermatologie. Ces derniers mois, elle a fait l’objet d’une certaine attention médiatique avec les réorganisations entamées par Galderma en Suisse, mais également en France. Du côté helvétique, la fermeture du site de Galderma à Egerkingen (Soleure) avait par exemple débouché sur la suppression de 190 postes.

En tout, Nestlé Skin Health génère quelque 2,7 milliards de francs de recettes (en 2017) et emploie plus de 5000 personnes dans 40 pays, dont 400 à Lausanne, où se trouve le siège mondial. Quoiqu’il advienne du sort de ces salariés lausannois (suivant les choix opérés par Nestlé), les récentes décisions prises par le géant installé à Vevey semblent répondre aux attentes des analystes financiers. «Nous espérions de la part de Mark Schneider une évolution du groupe et non pas une révolution. La double actualité de cette semaine montre qu’après avoir pris le temps d’analyser en profondeur les activités de Nestlé, il commence à délivrer de premiers résultats stratégiques concrets», salue Yasmina Barin, responsable du département Advisory chez Syz Group.

Désinvestissements salués

Selon la sphère financière, il était devenu nécessaire que le groupe se sépare de ses «actifs dits non stratégiques et peu performants». Alors que Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel à Zurich, parlait mardi d’un impact minime en ce qui concerne la vente de Gerber Life, ce dernier applaudit le probable désinvestissement de Nestlé dans Nestlé Skin Health. Selon l’analyste, dès le départ, la démarche entamée par le groupe agroalimentaire avait été mal perçue et les performances par la suite s’étaient avérées tellement médiocres qu’il était devenu prioritaire de mettre un terme à cette «hémorragie trop longtemps tolérée».

Moins extrême dans ses propos, Yasmina Barin confirme la nécessité pour le groupe de se recentrer sur ses cœurs d’activités, soit la nourriture et les boissons. «Il était nécessaire que Mark Schneider simplifie la structure du groupe, étant donné qu’il est très difficile, voire quasi impossible, de développer et de porter à leur apogée trop de projets et d’activités en même temps. Un groupe comme Nestlé devrait créer bien plus de valeur en concentrant son attention sur ses activités prioritaires telles que le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition infantile ou encore l’eau en bouteille.»


Le café en axe stratégique

Depuis l’arrivée de son nouveau CEO allemand, Nestlé a notamment été très actif dans son positionnement dans le café. Il y a quelques mois, pour 7,1 milliards de francs, la multinationale s’offrait «les droits perpétuels» pour distribuer et commercialiser une grande partie des produits proposés par Starbucks.

Pour Nestlé, le coup était double, puisqu’en plus de mettre la main sur une marque emblématique, cette acquisition lui ouvrait les portes de l’Amérique, un pays à l’image de ce «petit village» qui a toujours su résister au café «made in Nestlé».

Quoiqu’il advienne du sort de ces salariés (suivant les choix opérés par Nestlé), les récentes décisions prises par le géant installé à Vevey semble répondre aux attentes des analystes financiers. «Nous espérions de la part de Mark Schneider une évolution du groupe et non pas une révolution. Même si son analyse approfondie des activités de Nestlé a pris un peu plus de temps qu’anticipé, la double actualité de cette semaine montre qu’il commence désormais à délivrer de premiers résultats stratégiques concrets», explique Yasmina Barin, analyste financière senior chez Syz Group.

Selon la sphère financière, il était devenu nécessaire que le groupe se sépare de ses «actifs dits non stratégiques et peu performants». Alors que Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel à Zurich, parlait mardi d’un impact minime sur le groupe en ce qui concerne la vente de Gerber Life, ce dernier applaudit le probable désinvestissement de Nestlé dans Nestlé Skin Health. Selon l’analyste, dès le départ la démarche entamée par le groupe agro-alimentaire avait été mal perçue et les performances par la suite tellement médiocre qu’il était devenue prioritaire de mettre un terme à «cette hémorragie».

Moins extrême dans ses propos, Yasmina Barin confirme la nécessité pour le groupe de se recentrer sur ses cœurs d’activités, soit la nourriture et les boissons. «Il était nécessaire que Mark Schneider simplifie la structure du groupe, étant donné qu’il est très difficile, voir même quasi impossible de développer et de porter à leur apogée trop de projets et d’activités en même temps. Un groupe comme Nestlé devrait créer bien plus de valeur en concentrant son attention sur ses activités prioritaires telles que le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition infantile ou encore l’eau en bouteille».

(TDG)

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