Nestlé allège un tiers de ses produits

Rendez-vous est pris à l’Alimentarium de Vevey. Quartier général de Nestlé jusqu’en 1936, le bâtiment a été transformé des décennies plus tard en musée de l’alimentaire. C’est dans ce lieu symbolique que la multinationale a choisi mardi de lancer son initiative Nestlé for Healthier Kids, visant à améliorer l’alimentation de 50 millions d’enfants d’ici à 2030. Mark Schneider, son directeur, s’est donné un repas pour convaincre qu’il n’est pas uniquement question de marketing. Chef, envoyez les plats!

Entrée. Le maintien des pizzas Buitoni ou des surgelés dans la gamme Nestlé suscite fréquemment des interrogations des journalistes et investisseurs, qui y perçoivent une contradiction avec le virage nutritionnel du groupe veveysan. En toute décontraction, c’est par une tranche de pizza, allégée en sel, que Mark Schneider a voulu les prendre à revers: «Nous offrons des choix. Nous ne voulons pas agir en maître d’école.»

Au-delà des produits spécifiques, le groupe tient à démontrer qu’il est possible d’avoir une alimentation équilibrée sans renoncer aux petits plaisirs gustatifs. A grand renfort de graphiques et de conseils de mamans (dissimuler des carrés de tomate dans une coupe de fruits), sa fondation entend «améliorer les connaissances nutritionnelles des parents et des soignants et leur fournir des recettes saines».

Un tiers de sucre en moins

Plat principal. Les mini-burgers aux lentilles entament la discussion sur le recalibrage du portefeuille de la marque. Depuis le tournant du millénaire, la multinationale affirme avoir réduit les teneurs en sucre de 34% et en sel de 20%. Elle revendique le «lancement de 1000 nouveaux produits» en 2017. Soit un tiers de ses marques. Parmi elles: des compotes et purées de légumes de Gerber, le lait en poudre biologique Nido ou la gamme Alphabet des céréales Nesquik.

L’ampleur des réductions n’est-elle pas l’aveu que quelque chose n’allait pas dans les recettes de ces produits? Pour Mark Schneider, les standards ont changé dans l’agroalimentaire. «L’objectif était bien différent il y a trente ans quand on luttait contre le gras. Mais il ne suffit pas de remplacer un composant par un autre. Le combat pour une alimentation saine n’est pas réduit au sucre.»

On y vient justement avec le clou du spectacle: la démonstration de la nouvelle formule Nestlé pour réduire la teneur en sucre de 30%, incarnée par une innocente mousse au chocolat. Le procédé, breveté fin 2016, consiste à injecter du nitrogène dans des cristaux de sucre afin de faciliter une dissolution rapide donnant la même sensation en bouche. «La formule ne fonctionne pas encore pour les liquides puisqu’il faut une matrice autour des cristaux», explique Isabelle Bureau-Franz, du centre de recherche de Nestlé. «Mais elle pourrait être adaptée au sel.» Ce sera probablement pour un autre repas.

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