Multinationales responsables: les actionnaires s’engagent

Les actionnaires entrent dans la campagne sur l’initiative pour des multinationales responsables. Réunis par la fondation Ethos, 22 caisses de pension, banques ou gérants d’actifs demandent aux élus du Conseil national de soutenir le contre-projet à l’initiative, qui sera discuté ce jeudi à la Chambre basse. Des associations patronales romandes se sont également engagées dans ce sens, mercredi.

Dernière chance pour le contre-projet à l’initiative qui exige que les entreprises domiciliées en Suisse fassent respecter les droits humains et les standards environnementaux internationaux à leurs filiales. Ce texte moins contraignant que l’initiative elle-même est de retour au Conseil national, où il avait été accepté en juin 2018 avant d’être rejeté par le Conseil des Etats en mars dernier, à une courte majorité (22 voix contre 20).

De 1550 à 1000 entreprises concernées

S’il est accepté par le parlement, le nombre d’entreprises concernées passera d’environ 1500 à un millier, car des critères de sélection supplémentaires entreraient en jeu. En outre, les fournisseurs contrôlés économiquement par les multinationales ne seraient pas soumis aux exigences d’action et de transparence contenues dans l’initiative. Ce qui limiterait les risques de devoir payer des dommages et intérêts. Enfin, l’initiative serait retirée, ont indiqué ses initiants fin mai.

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Pourquoi ce texte a-t-il séduit des investisseurs institutionnels? «Ces acteurs sont sensibles aux thématiques environnementales et sociales, et les multinationales, dans lesquelles ils sont parfois investis, devront prendre des mesures dans ces domaines et en rendre compte de manière plus étendue qu’elles ne le font pour le moment dans leurs rapports de durabilité, qui sont publiés sur une base volontaire», répond Vincent Kaufmann, le directeur de la fondation Ethos, qui regroupe plus de 220 caisses de pension suisses et veut promouvoir l’investissement socialement responsable.

Des associations patronales plaident aussi pour le contre-projet

En parallèle, plusieurs associations patronales se sont également adressées aux élus fédéraux mercredi, là aussi pour soutenir le contre-projet. On trouve parmi elles le Groupement des entreprises multinationales (GEM), l’Association du négoce de matières premières et du transport maritime (STSA), le Centre patronal ou la Fédération des entreprises romandes. Ces organes estiment que le contre-projet permettrait d’améliorer la définition des responsabilités, notamment. Si le National va dans leur sens, le texte sera de nouveau examiné par le Conseil des Etats à l’automne.

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