Mars One redescend sur Terre

Qui y croyait vraiment? Mars One Ventures, l’entreprise qui voulait expédier, en aller simple, des volontaires sur la planète Mars, est en proie à d’immenses difficultés financières. L’entité a été placée sous administration judiciaire le 5 février par la Cour d’appel du canton de Bâle-Ville, où elle était domiciliée après son rachat par la compagnie suisse InFin Innovative Finance en 2016.

La mission Mars One suscitait la controverse et les sourires narquois. Présentée en 2013, elle avait pour objectif de faire décoller dès 2024 un groupe de 24 personnes vers la planète rouge.

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Mais le projet n’a jamais convaincu. Non seulement les technologies nécessaires sont encore largement inexistantes, mais de plus, Mars One ne fabriquait pas le moindre élément. «Même les fusées, que ce soit celles de la NASA ou de SpaceX, sont encore en développement», rappelle Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland. La crédibilité de ses promoteurs fut en outre sérieusement entachée lorsque ces derniers ont annoncé vouloir trouver les centaines de milliards de dollars nécessaires en vendant les droits d’une émission de téléréalité consacrée à l’entraînement des futurs candidats. Et pour tailler dans les coûts, Mars One devait faire l’économie du vol retour, «ce que la communauté spatiale n’a jamais accepté», ajoute Pierre Brisson.

Un Suisse en lice

Des milliers d’astronautes en herbe s’étaient tout de même manifestés. Un Suisse, Steve Schild, faisait même partie d’une liste de 100 profils toujours en lice. Celui qui se dit prêt à abandonner sa famille pour aller vivre et mourir sur Mars a confirmé mardi dans un e-mail: «Je suis toujours convaincu par ce projet. C’est un peu dur, mais ce n’est pas fini.»

Mars One Ventures a en effet trente jours pour éponger ses dettes, qui s’élèvent à 1,1 million de francs. Elle compte sur un nouvel investisseur «misant sur un accord avec tous les créanciers», selon un communiqué publié mardi. L’entreprise pourrait en dire davantage le 6 mars, lors d’une conférence de presse. Elle dispose en outre d’une fondation indépendante à but non lucratif, qui pourrait prendre le relais dans la recherche de fonds pour ce fantasque projet.

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