L'OPEP+ va augmenter prudemment sa production d'or noir

Les membres de l’OPEP+ se sont mis d’accord, jeudi, pour «restituer progressivement» sur le marché les quelque 2 millions de barils par jour prévus en début d’année prochaine, en commençant par 500 000 barils quotidiens «à partir de janvier 2021», stipule un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion interministérielle avec ses alliés qui s’est tenue par visioconférence.

Cette décision fait donc passer le volume de pétrole brut retiré volontairement du marché par l’alliance de 7,7 million de barils par jour (mbj) à 7,2 mbj au 1er janvier et amende l’accord précédent arraché au printemps, qui prévoyait une marche plus haute à 5,8 mbj, jugée par beaucoup trop conséquente au vu d’un marché toujours déprimé par la pandémie de Covid-19.

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Les pays producteurs n’ont pas pour autant abandonné ce dernier objectif, précisant qu’ils l’atteindraient de façon progressive et non abrupte, pour mieux s’aligner sur une demande qui repart moins vite du fait de la deuxième vague.

Un suivi mensuel

Pour ce faire, les membres de l’OPEP+ ont convenu de se retrouver à chaque début de mois à partir de janvier afin «d’évaluer les conditions du marché et décider des ajustements de la production pour le mois suivant», est-il écrit dans le communiqué.

Ce suivi attentif permettra «d’être plus précis et de répondre aux demandes du marché en tenant compte des facteurs, positifs et négatifs, qui l’affectent à chaque moment», a expliqué le vice-premier ministre russe chargé du secteur énergétique, Alexandre Novak, à l’occasion d’une conférence de presse en ligne après la réunion.

L’obtention de cet accord ne s’est pas fait sans peine, en témoigne le report de la réunion, initialement prévue mardi. Alexandre Novak a évoqué des «négociations difficiles» quand son homologue saoudien Abdel Aziz ben Salmane, chef de file du cartel, a préféré souligner la nature consensuelle de la décision trouvée à vingt-trois.

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L’ouverture progressive du robinet d’or noir en fonction de la demande et des prix est au coeur de la stratégie de l’alliance cette année, et traduit ici le compromis entre d’un côté les pays qui souhaitaient prolonger les réductions actuelles, de l’autre ceux qui voulaient suivre les étapes du calendrier en vigueur.

Une décision qui permet au pétrole de se redresser

L’effort consenti au cours des derniers mois, pénible pour les finances de tous, a montré son efficacité pour les producteurs puisqu’il a contribué à la reprise des cours du brut depuis les abîmes visitées fin avril.

Les marchés ont accueilli plutôt positivement cette décision: les deux cours de référence – le Brent de mer du Nord et le WTI américain – ont clôturé jeudi en hausse de près de 1%, à respectivement 48,71 et 45,64 dollars le baril. «Ce n’est pas le scénario cauchemardesque que le marché craignait, mais ce n’est pas non plus ce qu’il attendait il y a quelques semaines» quand une simple prorogation des coupes actuelles ne semblait être qu’une formalité, a réagi Paola Rodriguez Masiu, analyste de Rystad.

Mais la remontée récente des cours – de l’ordre de 25% sur le seul mois de novembre pour les deux références, soit le meilleur mois depuis mai – a changé la donne. Cette remontée est portée par l’espoir de campagnes de vaccination massives contre le Covid-19, perspective de retour «à la normale» de la demande de pétrole.

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L’alliance a également rappelé l’importance des compensations de la production de certains pays qui excèdent leurs quotas, comme récemment l’Irak ou encore le Nigeria. Ceux-là ont toutefois bénéficié d’un nouveau sursis: il leur est désormais laissé jusqu’à la fin du mois de mars pour se mettre en règle.

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