Londres doit renouveler 40 accords de libre-échange d’ici à fin mars

Souvent moqué pour son manque d’efficacité, Liam Fox a pu présenter un rare succès ce lundi. L’accord commercial signé entre la Suisse et le Royaume-Uni a permis au secrétaire d’Etat britannique au Commerce international de prouver que son poste, créé spécialement après le vote en faveur du Brexit, servait à quelque chose.

Lire également: Au Royaume-Uni, la tentation du «modèle suisse»

Les relations commerciales entre Londres et Bruxelles sont doubles. D’une part, en tant que membre de l’Union européenne, le Royaume-Uni fait partie du marché unique européen, qui supprime tout droit de douane et contrôle aux frontières intérieures. D’autre part, l’Union européenne a passé avec le reste du monde 40 accords de libre-échange, couvrant 71 pays: avec la Corée, le Canada, la Suisse… En tant que membre de l’UE, le Royaume-Uni en bénéficie directement. Cela couvre 11% de son commerce mondial.

En cas de Brexit sans accord, dans quarante-six jours, ces arrangements deviendront caducs du jour au lendemain. Techniquement, faute de remplacement, le Royaume-Uni devrait alors commercer avec ces pays sur la base des règles de l’Organisation mondiale du commerce, qui prévoit des droits de douane et nécessite des contrôles.

Commercer comme avant

Liam Fox tente donc de répliquer tous ces textes de manière bilatérale. Objectif: que le commerce continue comme avant, sans changement. Mais pour l’instant, ses efforts portent peu leurs fruits. Le ministre britannique peut mettre en avant un accord avec le Chili, Israël et les îles Féroé, archipel près de l’Islande. La Suisse s’ajoute désormais à la liste, devenant le premier partenaire commercial de poids à la rejoindre.

Une opinion à ce sujet: Le Brexit et la Suisse

La lenteur de ces signatures vient notamment de l’atmosphère explosive qui règne autour du Brexit. Bruxelles ne veut surtout pas simplifier la vie du gouvernement britannique et préférerait que les autres pays n’interviennent pas avec des accords bilatéraux. Tout le travail de la Confédération a été de mener à bien les négociations avec Londres discrètement, sans faire de vagues. L’annonce de l’accord ce lundi est d’ailleurs passée relativement inaperçue outre-Manche.

Tout indique que l’ensemble des 40 accords de libre-échange ne sera pas répliqué d’ici au 29 mars, date d’entrée en vigueur du Brexit. Le Secrétariat d’Etat au commerce international l’a reconnu en privé lors d’une récente réunion à huis clos avec un groupe d’entreprises. Dans le compte rendu de la rencontre, obtenu par Press Association, un responsable du secrétariat reconnaît qu’il est «improbable qu’ils soient tous signés d’ici à la date de départ».

monchange.ch