Lombard Odier renonce à la clientèle privée résidant aux Etats-Unis

Lombard Odier cède son portefeuille de clients résidant aux Etats-Unis, qui représente environ 1,2 milliard de francs d’avoirs, à Vontobel, pour un montant non communiqué. Ces clients étaient servis depuis Montréal, où la banque genevoise détenait une licence du gendarme américain des marchés, la SEC, obligatoire pour gérer des avoirs appartenant à des clients domiciliés aux Etats-Unis.

«La clientèle résidant aux Etats-Unis n’a jamais été prioritaire ou stratégique pour Lombard Odier, détaille au Temps l’associé Frédéric Rochat. Nous pensons que la proximité avec la clientèle, la reconnaissance de la marque et la taille critique sont aujourd’hui des facteurs de succès dans la gestion de fortune.»

Plus tôt cette année, Lombard Odier avait cessé d’offrir des services de gestion privée aux Pays-Bas, où elle gérait moins d’un milliard de francs. La banque avait au total 274 milliards de francs sous gestion au 30 juin dernier, ses marchés stratégiques étant la Suisse, l’Europe et les pays émergents.

Vontobel fait le pari inverse

Suite à la crise financière et à la fin du secret bancaire, les banques suisses ont eu tendance à se recentrer sur le nombre de marchés qu’elles couvrent, notamment pour réduire les coûts.

Vontobel fait le pari inverse à celui de Lombard Odier, en reprenant ses clients résidant aux Etats-Unis, ainsi que les deux gérants qui les servaient depuis Montréal. «Nous sommes présents à New York depuis 1984, en étant enregistrés auprès de la SEC, et notre clientèle résidente américaine représente environ 20 milliards de francs sur un total de 124,2 milliards, décrit le directeur général, Zeno Staub. Nous pensons pouvoir la faire grandir en nous positionnant comme une maison suisse offrant une gestion globale.» Vontobel compte environ 80 employés à New York, dans la gestion de fortune mais aussi l’asset management et le courtage.

L’accord entre les deux banques annoncé vendredi prévoit aussi que Lombard Odier recommandera Vontobel lorsqu’un client aura besoin d’être servi depuis les Etats-Unis, suite à un déménagement, par exemple. Après cette transaction, la banque genevoise ne comptera plus aucun client privé résidant sur le territoire américain.

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