L’incertitude sanitaire chinoise inquiète Nestlé

«Comme beaucoup d’autres, nous avons prolongé les congés de nos employés d’une semaine. Mais depuis lundi, certes à voilure réduite, les activités ont repris dans nos usines chinoises», déclarait jeudi le patron de Nestlé, Mark Schneider, au moment de présenter les résultats annuels de son groupe. En pleine crise du coronavirus, la problématique chinoise était naturellement l’objet de discussions, la Chine étant désormais pour le groupe le deuxième plus important marché au monde. Le marché chinois représente en effet 8% des ventes globales de Nestlé et regroupe une trentaine de sites de production.

Alors que la crise sanitaire se poursuit en Chine, le patron du groupe agro-alimentaire estime qu’il est à ce jour trop tôt pour évaluer de quelle manière elle se répercutera sur les résultats en cours. Cette situation tombe toutefois dans une période où le géant veveysan est déjà sous pression dans cette région, notamment en ce qui concerne la commercialisation de produits traditionnels. Alors que la concurrence pèse sur cette gamme de produits, Nestlé indique poursuivre son basculement vers le secteur premium, là où il parvient à se démarquer grâce à ses investissements en R&D et ses capacités technologiques.

Eaux, café et animaux

Question produits, l’attention se porte notamment sur le café, au vu de son poids industriel en Suisse romande. Dans une ambiance de bras de fer tendu entre syndicats locaux et direction sur les conditions de production à Orbe et Romont, Nespresso évoque une croissance positive dans toutes les régions en 2019.

Alors que les nouvelles capsules Starbucks seraient l’une des causes de la dégradation des conditions de travail sur les sites romands du groupe, le CEO a félicité jeudi ses équipes pour être parvenues, en seulement quelques mois, à développer et démarrer leur commercialisation dans quelque 40 marchés.

À l’inverse, Mark Schneider dévoilait sa déception par rapport aux mauvaises performances de Nestlé Waters. Sous sa forme actuelle, cette division est par ailleurs condamnée puisque ses résultats seront à l’avenir intégrés aux trois zones géographiques que compte Nestlé dans son organigramme actuel. Sans donner plus de détails, le patron mentionne des évolutions à venir pour ce secteur. Quant aux produits pour animaux, la dynamique de ce pan d’affaires semble sans limite. Il continue en tout cas à tirer le groupe vers le haut, puisque fin 2019, Nestlé a vu la croissance de cette activité passer de 4,5 à 7%.

Visage transformé

«Si je devais avoir un seul regret pour l’exercice 2019, il concernerait notre faible niveau d’acquisitions en comparaison aux activités cédées», ajoutait encore le grand patron. Arrivé aux manettes au début de l’année 2017, Mark Schneider a toutefois réussi à modifier en profondeur le géant agro-alimentaire. Sur le plan social d’une part – et sur ce point la Suisse conserve son lot de cicatrices –, mais aussi sur les aspects alimentaire, industriel et commercial. Après avoir procédé à une cinquantaine de transactions depuis 2017, le groupe évoque la transformation de ses sources de revenus à hauteur de 12%. «Et dans les trois années à venir, pour nous adapter aux changements rapides de notre industrie, nous visons un niveau similaire de changements», termine le CEO.

Créé: 13.02.2020, 18h17

monchange.ch