L’immobilier ne se vend plus à n’importe quel prix

Le marché de l’immobilier suisse reste par endroit surévalué, mais tout risque de crash des prix des logements en propriété est à exclure. Il manque l’élément spéculatif. Contrairement au début des années 1990, la très forte demande d’aujourd’hui provient de «vrais» utilisateurs – à savoir les propriétaires – et non de spéculateurs en quête de gains rapides.

Pour les immeubles à usage commercial et les immeubles de rapport, les risques ont en revanche augmenté en 2017. L’estimation de l’année dernière, selon laquelle le marché n’absorbe plus tous les objets à tous les prix, avec pour conséquence une progression des locaux vacants, est aujourd’hui une évidence.

Concernant les prix des loyers, ils ont à nouveau baissé de l’ordre de 0,4% durant le dernier trimestre 2017. Depuis le point culminant atteint en 2013, les loyers ont baissé en moyenne de 3% au niveau suisse. En même temps, la pression baissière sur les loyers est encore sous-estimée. Car beaucoup de bailleurs ne sont pas prêts à faire des concessions sur les prix malgré un taux de vacance croissant dans les objets à louer.

«Beaucoup de bailleurs ne sont pas prêts à faire des concessions sur les prix malgré un taux de vacance croissant dans les objets à louer»

On voit certains invendus commercialisés par le biais d’actions spéciales – jusqu’à six premiers loyers offerts! La descente risque d’être abrupte pour certains. Même si en Suisse romande, les marchés du logement locatif sont relativement intacts. Globalement, on peut parler d’un atterrissage en douceur sur le marché des immeubles de rapport.

La propriété du logement reste, elle, très demandée. Les prix pour les PPE ont même augmenté vers la fin de l’année (+1,5% par rapport au trimestre précédent). Globalement, les PPE ont ainsi renchéri de 4,3% l’an dernier. De leur côté, les prix des maisons individuelles ont quelque peu baissé au dernier trimestre. Mais sur une année, la hausse atteint tout de même 3% pour des objets déjà chers.

Le boom des prix des logements en propriété que l’on connaît depuis le début du siècle se poursuit donc. Spécialement aussi dans la région lémanique, qui a connu une hausse plus modeste des prix ces dernières années, la tendance s’est aussi quelque peu raffermie. (TDG)

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