Les salons généralistes tirent leur révérence

Il n’y aura pas de 100e édition. Le Comptoir suisse aura vécu sa dernière représentation cet automne, a annoncé mardi son organisateur, MCH Group. La société bâloise d’événementiel biffe aussi de son agenda ses foires généralistes zurichoise, Züspa, et bâloise, Muba. Elle dit étudier «la mise sur pied à l’horizon 2020 d’un événement d’envergure nationale» pour remplacer ces trois manifestations par un «nouveau concept».

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«Ce nouvel événement se déroulera selon une formule tournante, sur les trois sites. Il sera associé à une présence numérique autour d’un thème commun, s’adressant à un public rajeuni», précise au Temps Jean-Philippe Rochat, président de l’organisateur du Comptoir suisse, MCH Beaulieu Lausanne.

Lausanne incluse dans le projet

«En ce sens, Lausanne et la Suisse romande font partie intégrante du projet», assure celui qui s’est battu pour une refonte globale, incluant les trois foires généralistes du groupe. Cela dans le but de ne pas simplement signer l’arrêt de mort du Comptoir suisse. Il faudra attendre la fin de la Muba en février prochain pour en connaître les contours avec plus de précision.

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Cette décision répond à la désaffection de ces événements sans thématique spécifique, «qui ne paraissent plus correspondre aux attentes du public et des exposants», en particulier en milieu urbain, justifie MCH Group dans un communiqué diffusé mardi. Le dernier Comptoir suisse n’est parvenu à attirer que 60 000 visiteurs, soit dix fois moins qu’il y a dix ans.

Sur fond de crise du commerce de détail

«C’est une tendance de fond dans le domaine des foires grand public, en particulier celles qui sont généralistes. Elles vivent les mêmes transformations que les détaillants, dont elles sont une sorte de vitrine», confirme le patron de Palexpo, Claude Membrez. Autrement dit, les habitudes du consommateur ont changé, on n’achète plus son canapé dans les foires, mais sur internet ou de l’autre côté de la frontière, parce que c’est plus commode et moins cher. D’autant plus que le rabais «spécial foire» n’existe plus.

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Fini le temps où l’on se laissait volontiers courtiser par un vendeur de baignoires à bulles, enivrer par un vigneron du cru ou encore fasciner par le sens du spectacle de quelque camelot? Pas tout à fait, selon Claude Membrez, qui cite le succès de la Foire du Valais, dont la réputée convivialité porte chaque année la fréquentation à des records à Martigny (226 169 visiteurs cet automne). «Les organisateurs sont parvenus à créer une ambiance, une dynamique festive qui plaît. Cela prime parfois sur le contenu», analyse Claude Membrez.

C’est dans cette logique que l’ex-Foire des arts ménagers de Genève, devenue Foire de Genève, puis les Automnales, s’est dotée de salons parallèles dédiés à la montagne, aux bateaux, au vintage ou encore d’expositions canines et félines. C’est ce qui lui assure une fréquentation stable autour de 140 000 personnes depuis cinq ans.

La débâcle Baselworld

Quand certains critiquent la passivité de MCH Group devant l’érosion des chiffres, Jean-Philippe Rochat évoque au contraire «la ténacité avec laquelle la société a continué à porter ces événements pendant de nombreuses années, malgré les difficultés».

Aujourd’hui la donne a changé pour la société: avec le déclin de son événement phare, Baselworld, déserté par les plus grands groupes horlogers, elle ne peut plus se permettre de soutenir des foires déficitaires.

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