Les prix devraient augmenter pour les achats sur le Net

«Nous aimerions introduire une légère hausse des prix», prévient, tout en prudence, Dieter Bambauer, directeur de PostLogistics, division de La Poste suisse vouée notamment au transport de colis. Le manager évoque en ces termes une augmentation des tarifs à la charge de distributeurs en ligne, comme Zalando, Amazon ou Alibaba.

Cette nouvelle manière de consommer offre, il est vrai, d’immenses perspectives commerciales à La Poste suisse, société anonyme de droit public appartenant entièrement à la Confédération. Ce domaine d’activité impose aussi d’immenses investissements. À l’instar de la construction de nouveaux centres de tri, comme à Cadenazzo (Tessin), Vétroz (Valais) et Untervaz (Grisons). Trois projets devisés à 190 millions de francs.

Forte concurrence

«À ces équipements pourraient s’en ajouter d’autres ces prochains temps. Ils permettent de raccourcir les distances de transport chez chaque destinataire. Et donc de diminuer le temps et le coût des prestations», rappelle Dieter Bambauer, cité dimanche dans l’hebdomadaire zurichois «NZZ am Sonntag».

La Poste doit certes se doter d’infrastructures à la hauteur de la concurrence sur le marché de la logistique. Tout en s’assurant les moyens d’en amortir les coûts. PostLogistics n’indique pas la dimension de ses ambitions en termes de «légère hausse des prix». Il s’agirait de moins de 10% selon la «NZZ am Sonntag». Cette majoration serait en outre à la charge des commerçants en ligne, mais pas des destinataires des marchandises commandées.

Cet éclaircissement suscite évidemment une question: dans quelle mesure les détaillants répercuteront-ils ou non la hausse des tarifs du géant jaune sur leurs propres prix de vente ou d’acheminement? Les intéressés n’ont pas encore manifesté leurs intentions. À vrai dire, rien d’étonnant à cela. Les détaillants suisses se soucient avant tout de rester compétitifs, en dépit de leurs prix et de leurs marges. Les multinationales de la distribution ont pour leur part d’autres priorités que le petit marché helvétique. La demande online y reste maigre au regard des pouvoirs d’achat locaux. Le volume de commandes annuelles atteint neuf paquets par an et par habitant en Suisse, contre 24 en Allemagne et 22 en Grande-Bretagne, selon le consultant McKinsey.

Milliers de postes supprimés

La patrie de Guillaume Tell n’est pas pour autant une île déserte, coupée du reste du monde. Credit Suisse estime que ses habitants effectueront un dixième de tous leurs achats sur le Net déjà en 2022. Un autre indice de poids démontre que cette tendance se développe à un rythme impitoyable: 16 000 emplois ont en effet disparu en Suisse dans le commerce de détail de 2008 à 2018.

Les distributeurs helvétiques restent néanmoins offensifs sur le web. «Les gens savent exactement qui nous sommes. Je pense que c’est un grand avantage par rapport à nos concurrents. Nos clients sont attirés par notre choix, notre assortiment, notre proximité. Mais pas forcément grâce à nos prix, c’est clair», reconnaissait l’an dernier la direction de Digitec Galaxus, filiale de Migros.

(TDG)

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