Les principes toltèques appliqués aux jeunes générations

OPINION. Comment réagir aux questions déroutantes (et agaçantes) des nouvelles générations? Inutile d’y répondre par l’exaspération qu’elles peuvent susciter. Mieux vaut les accueillir avec un certain recul et une meilleure compréhension du contexte qui les entoure, estime notre chroniqueuse

Les périodes de rentrées académiques sont particulièrement propices à une exposition immodérée à ces interrogations typiques des nouvelles générations. Les jeunes posent des questions d’une candeur si extravagante qu’elle frôle l’insolence. Des questions comme «N’y aurait-il pas moyen de contourner le règlement pour que je n’aie pas à refaire des examens?» ou, en version entretien d’embauche, «Puis-je prendre deux semaines de vacances durant ma période d’essai?». L’extraordinaire aplomb que l’on prête aux auteurs de ces pépites d’irrévérence a le don d’agacer les personnes qui y sont exposées. D’où des conclusions récurrentes et exaspérées sur l’absence de motivation, de respect et de savoir-être chez les jeunes.

Mais leurs questions sont-elles si étonnantes que cela? Lorsque, jusqu’aux fonctions les plus représentatives et les plus dignes de la société, les modèles auxquels lesdits jeunes sont exposés mentent et trichent de la façon la plus éhontée? Il est bien plus poli de demander respectueusement si l’on peut détourner le règlement que d’imposer ses mensonges sur l’espace public en regardant la caméra bien en face. Souvent, les entreprises, les cadres ou les patrons qui sont exposés et cités ne le sont pas pour leur comportement exemplaire et policé. Alors pourquoi s’offusquer de ce que les jeunes ne respectent plus des modèles que l’on ne leur a pas enseignés? Leurs questions, aussi potentiellement incongrues soient-elles, méritent-elles vraiment notre jugement? Est-il si légitime de faire des déductions sur l’état d’esprit de leurs auteurs?

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