Les marchés s’accordent un peu de répit

Les marchés financiers bénéficiaient d’un certain retour au calme lundi. Ils sont toutefois restés fragilisés quatre jours après le vote britannique en faveur du Brexit qui a fait virevolter les devises et semé la panique sur les places boursières mondiales.

Après ce choc, «la volatilité devrait rester forte dans les prochains jours». Et «les investisseurs devraient rester très prudents tant l’incertitude est élevée», prévient le courtier Aurel BGC.

Les Bourses européennes tentaient de digérer leur plongeon de vendredi, l’un des plus marquées depuis la crise financière de 2008 pour certaines places, alors que la nouvelle d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) avait pris les investisseurs par surprise.

Madrid dans le vert

Vers 10h00, Londres perdait 0,64%, Francfort 0,15% et Paris 0,60%. Milan était stable et Madrid prenait 1,89%, après un bond de plus de 3% à l’ouverture, au lendemain de la victoire des conservateurs, qui n’ont toutefois pas de majorité, aux législatives de dimanche.

En Asie, Tokyo a rebondi de 2,39% grâce à des espoirs d’intervention des autorités sur le marché des changes. Hong Kong était stable et Shanghai a nettement progressé à la clôture.

Sur le marché des changes, la livre sterling était sous pression. Elle est repassée sous la barre de 1,34 dollar dans les échanges asiatiques lundi. Vers 10h00, elle valait 1,3410 dollar, contre 1,3670 dollar en fin de semaine dernière. L’euro cédait également du terrain vis-à-vis du billet vert à 1,1067 dollar, contre 1,1112 dollar précédemment.

Vendredi, la nouvelle d’une sortie du Royaume-Uni avait pris les investisseurs par surprise. Et la monnaie britannique était tombée à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu’à 1,3229 dollar.

Lundi les investisseurs cherchaient à anticiper les conséquences d’un tel vote, en guettant les réactions des responsables britanniques et européens. «Les incertitudes sont nombreuses sur le calendrier du Brexit», a souligné Toshihiko Matsuno, analyste chez SMBC Friend Securities. «Il va probablement falloir attendre octobre pour y voir plus clair».

D’ici là, ce sont à nouveau certaines valeurs des secteurs bancaire, aérien et immobilier qui plongeaient lundi matin à la Bourse de Londres. La compagnie EasyJet chutait ainsi de 16% à la suite d’un avertissement sur ses résultats tandis que Royal Bank of Scotland (RBS) perdait plus de 15%.

Dans l’i9mmobilier, le réseau d’agences Foxtons, coté à la Bourse de Londres, a publié un avertissement sur résultats. Même s’il est trop tôt pour prédire avec exactitude la manière dont le marché londonien va réagir, le rebond que nous attendions pour le deuxième semestre est peu susceptible de se matérialiser», a indiqué Foxtons dans un communiqué. La société se situe à la tête d’un vaste réseau d’agences immobilières dans la capitale et dans le Surrey au sud de Londres.

Avenir incertain

Les valeurs refuges étaient, de leur côté, encore recherchées, à l’image des obligations allemandes. Le taux d’emprunt à 10 ans reculait en territoire négatif, tandis que les dettes des pays du sud de la zone euro se stabilisaient.

Comme l’once d’or, le yen, privilégié en cas de tempête sur le marché, demeurait à des niveaux élevés. Le dollar s’affichait à 102,04 yens, contre 104,68 yens à la veille des résultats du vote britannique, tandis que la monnaie unique valait 113 yens, contre 118,77 yens.

Malgré cette accalmie sur les marchés, «il est important de garder à l’esprit qu’on n’en a pas fini avec les retombées du Brexit», a commenté dans une note Stephen Innes, courtier chez Oanda Asia Pacific. «Nous allons probablement ressentir les secousses pour les semaines, voire les mois, à venir, mais il est difficile d’anticiper leur fréquence et leur amplitude». (ats/nxp)

(Créé: 27.06.2016, 10h58) monchange.ch