Les femmes détiennent 40% de la fortune mondiale

«Bien qu’un écart de richesse persiste entre les hommes et les femmes à l’échelle planétaire, ce fossé s’est considérablement réduit au fil des années et devrait continuer à se resserrer à mesure qu’un nombre accru de femmes accéderont à l’éducation et participeront au marché du travail.» Pour Nannette Hechler-Fayd’herbe, responsable mondiale de la recherche et stratégie d’investissement de Credit Suisse, cette perspective est particulièrement réjouissante puisqu’elle débouche sur la conclusion que les femmes détiennent désormais 40% de la fortune mondiale.

Ce résultat, décelé dans le neuvième classement sur la fortune mondiale établi par l’Institut de recherche de Credit Suisse, appelle toutefois à la nuance. La première est d’ordre temporel, puisque l’augmentation de la richesse des femmes remonte essentiellement au siècle dernier. Les experts de Credit Suisse mentionnent en effet «les difficultés rencontrées par la génération des millennials (de 1980 à l’an 2000) à se trouver un emploi» (suite à la dernière crise économique de 2008), mais aussi à s’adapter aux mutations liées à la numérisation de la société.

Grâce à leur présence dans les secteurs les plus stables de l’économie (éducation, santé, administration, etc.), il apparaît toutefois que les jeunes femmes s’en sortent mieux que les hommes.

L’autre nuance principale est d’ordre géographique. «Cette amélioration n’est pas universelle et les écarts entre hommes et femmes restent importants dans certaines régions du monde», peut-on lire dans le rapport. Si la Chine comble peu à peu son retard, les États-Unis et l’Europe restent, logiquement, en tête du classement avec des proportions particulièrement élevées de femmes aisées. Credit Suisse rappelle donc qu’il y a encore «beaucoup à faire pour garantir aux femmes une égalité parfaite de traitement dans la répartition des richesses du monde».

En incluant la population masculine, Credit Suisse estime que la Suisse arrive en tête du classement, une véritable constante depuis de nombreuses années pour un pays abritant 1,8% des principales fortunes de la planète. Entre le début du siècle et ce mois d’octobre 2018, le patrimoine moyen des Suisses a plus que doublé, en majeure partie grâce à l’appréciation du franc par rapport au dollar. Actuellement, plus de 60% des adultes suisses possèdent des actifs supérieurs à 100 000 francs, et 11% d’entre eux sont millionnaires. (TDG)

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