Les Etats-Unis ne sont pas une île

Le monde n’a pas fini de payer les pots cassés durant la dernière récession. Depuis, la croissance est certes revenue, en force même. Il n’empêche. En Europe, des millions de jeunes attendent encore leur premier emploi. Aux Etats-Unis, les finances publiques se dégradent de nouveau. Du côté des pays émergents, la dévaluation frappe les monnaies et fragilise le pouvoir d’achat.

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Autant dire qu’un durcissement de la guerre commerciale serait une catastrophe. Trois mois après l’introduction des tarifs douaniers punitifs sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis et les mesures de rétorsion qui ont suivi, les conséquences se font déjà ressentir. Et elles s’aggraveront encore ces prochains mois.

Il suffit de voir l’évolution des places financières mondiales pour constater les dégâts. Les investisseurs sont réticents à pendre des risques. En Chine, par exemple, la confiance s’érode jour après jour. La bourse de Shenzhen a cédé 20% depuis le début de l’année et  Shanghai 15%. L’Europe n’échappe pas non plus à la destruction des valeurs.

Les Américains paient le prix fort

Les tensions freinent aussi l’investissement dans l’outil de production. Le coût du crédit est pourtant très bas, y compris aux Etats-Unis où la Réserve fédérale a débuté sa politique de resserrement monétaire. Les coffres des entreprises sont bien remplis. Mais le manque de visibilité n’incite pas à la prise de risque.

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Le président américain Donald Trump, par qui la crise est arrivée, sourit. Le week-end passé, il a même tweeté que la guerre commerciale était plus facile à gagner que ce qu’il avait imaginé. En réalité, il n’a pas tout tort lorsqu’il s’attaque aux droits de douane sur les voitures américaines qui sont fortement taxées en Europe. Il a également raison lorsqu’il s’en prend au dumping chinois par des entreprises qui sont largement soutenues par des fonds d’Etat.

Là où il a tort, c’est lorsqu’il pense que les Etats-Unis sont une île isolée de l’économie mondiale. Les agriculteurs, les entreprises ainsi que les consommateurs américains paient aussi un prix fort. Car la montée en puissance de la guerre commerciale nous rappelle une évidence: dans un tel conflit, il n’y a que des perdants.

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