Les Etats-Unis entrent dans une récession des bénéfices

Les actions se traitent à des niveaux record, mais la menace d’une correction se précise. Elle pourrait provenir d’une récession des bénéfices. Ce terme est employé par les économistes lorsque les bénéfices des sociétés sont en baisse durant deux trimestres consécutivement. Or les analystes prévoient un recul de 2,6% des résultats des groupes américains au deuxième trimestre, après une contraction de 0,4% au premier, selon une note de Mirabaud Securities.

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Aux Etats-Unis, Citigroup a eu l’honneur d’ouvrir le bal des résultats ce lundi, au sein des grands groupes appartenant à l’indice Dow Jones. L’institut a présenté un bénéfice supérieur aux attentes grâce à un changement du taux d’imposition, un gain exceptionnel et une nette baisse des coûts. Mais l’action était en baisse dans l’après-midi. Le financier sera suivi par d’autres banques: Goldman Sachs, JP Morgan et Wells Fargo.

En Suisse, la saison des résultats débutera jeudi avec SGS, Novartis et Givaudan et se poursuivra le 23 juillet avec UBS. Pour les grands groupes du pays, les analystes de Credit Suisse prévoient un recul de 3%. Les récents résultats publiés par des entreprises de taille moyenne suggèrent effectivement une contraction, à l’image de Sensirion, Bossard et Interroll.

La dernière récession des bénéfices américains s’est produite au premier semestre 2016. Selon Mirabaud Securities, un tel événement se traduit généralement par une baisse ultérieure des cours en bourse. En moyenne, la correction atteint 3,3% après trois mois, 1,3% après six mois et 1,6% après neuf mois.

Par exemple, trois mois après les résultats négatifs de juin 2015, l’indice avait baissé de 6,9%. Les replis ont parfois été violents, à l’image de juin 2001 (-15%), juin 1998 (-10,3%), juin 2015 (-6,9%).

Attention aux cycliques

«Ce sont les entreprises cycliques qui sont à la traîne», indique Olivier Rigot, associé gérant auprès d’EMC Gestion de fortune, à Genève. Les groupes fortement dépendants de la conjoncture chinoise, les matériaux de construction et les grands groupes technologiques contribuent le plus fortement au repli des bénéfices.

Les déceptions risquent d’être douloureuses pour les actionnaires. Si les résultats devaient se révéler inférieurs aux attentes, certaines actions pourraient être fortement malmenées. Mais «depuis la baisse de novembre dernier, les analystes sont devenus plus prudents. Il n’y a pas d’excès d’optimisme à l’égard des attentes bénéficiaires», révèle Olivier Rigot.

Le marché est d’ailleurs devenu de plus en plus sélectif. La bourse profite, à son avis, «de deux soutiens majeurs, le processus de reflation monétaire de la part des banques centrales et un niveau de consommation très solide sous l’effet du plein-emploi dans les principaux pays».

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