Les conséquences des conflits commerciaux

Pour l’administration Trump, la vigueur actuelle de l’économie américaine représente une opportunité de freiner l’ascension de la Chine au statut de superpuissance. Afin de mettre la chaîne d’approvisionnement chinoise hors-jeu, les États-Unis ont instauré une guerre commerciale.

Rien n’indique que la Chine et les États-Unis s’acheminent vers un accord. Au contraire. Les États-Unis ont récemment interdit à leurs entreprises technologiques de traiter avec la société chinoise Huawei, en raison de risques supposés pour leur sécurité nationale. Pendant ce temps, le président chinois Xi Jinping signe de nouveaux accords avec Vladimir Poutine.

Les droits de douane imposés à la Chine par les États-Unis perturbent déjà les flux commerciaux. Afin de contourner ces taxes, les échanges s’effectuent via de nouvelles routes, telles que le Vietnam, la Corée du Sud et Taïwan. Selon le Fonds monétaire international, les tarifs pourraient réduire le PIB mondial de 455 Md USD l’année prochaine, et sont susceptibles d’accroître l’inflation aux États-Unis et d’affecter le PIB américain.

Dans le cadre de ses négociations internationales, le président Trump a de plus en plus souvent recourt à l’arme douanière. En mars, l’administration américaine a annoncé qu’elle ne considérait plus la Turquie et l’Inde comme des pays en voie de développement, supprimant ainsi les exemptions de droits de douane dont ils bénéficiaient auparavant. En mai, les États-Unis ont menacé d’ouvrir un front commercial en appliquant une taxe de 5% sur toutes les importations mexicaines. Bien qu’un accord ait été conclu le 7 juin entre les deux pays, toute nouvelle taxe sur les exportations mexicaines éroderait les marges bénéficiaires des entreprises car le Mexique dépend des États-Unis pour près de 30% de son PIB.

Selon la Maison-Blanche, des droits de douane élevés sur les produits mexicains inciteraient «des entreprises situées au Mexique à revenir aux États-Unis». Il est pourtant peu probable que ces emplois soient automatiquement transférés sur le sol américain, où la pénurie de main-d’œuvre risque de faire grimper les salaires.
De plus, le Mexique est le principal fournisseur des États-Unis dans le domaine de l’équipement industriel. Il sera donc difficile pour les fabricants américains de trouver un mode de production alternatif.

Donald Trump a également en ligne de mire l’excédent commercial de l’Union européenne (UE) avec les États-Unis. Il menace d’imposer de nouveaux droits de douane aux constructeurs automobiles allemands, portant sur un ensemble de pièces importées d’une valeur de 53 Md USD. L’Organisation mondiale du commerce décidera en juillet si les États-Unis peuvent appliquer de nouvelles taxes à l’importation sur des produits venant de l’UE, sur la base d’un différend relatif aux subventions accordées à Airbus.

Ces tensions douanières minent la crédibilité des États-Unis dans leur négociation avec la Chine et accroissent la volatilité des marchés. Les flux commerciaux demeurent très sensibles aux perturbations, qui continuent de représenter le plus grand risque pour l’activité économique mondiale.

(TDG)

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