Les Chinois se profilent dans la course aux robotaxis

C’est un match difficile à lire que se livrent Chinois et Américains sur le marché de la voiture autonome. Et plus précisément sur celui des robotaxis, ces navettes futuristes sans chauffeur à bord. Jusqu’à présent, les géants de la tech américains tels Waymo (filiale de Google), Tesla et Uber semblaient posséder une avance technologique importante et communiquaient fréquemment à ce sujet. Mais de l’autre côté du Pacifique, les progrès semblent aussi rapides. Ainsi, jeudi, la société chinoise AutoX a annoncé être la première du pays à pouvoir déployer une flotte de robotaxis.

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Fondée il y a quatre ans seulement à Shenzhen (à côté de Hongkong), l’entreprise a levé jusqu’à présent l’équivalent de 160 millions de francs. Alibaba, le géant chinois de l’e-commerce, fait partie de ses investisseurs, mais le lien ne s’arrête pas là: AutoX utilise le système de navigation AutoNavi d’Alibaba pour orienter ses véhicules. Jeudi, la société a ainsi annoncé que 25 de ses robotaxis étaient prêts pour prendre la route à Shenzhen. Sans conducteur à bord ni commande à distance, ses Fiat Chrysler Pacifica sont 100% autonomes.

De Shenzhen à Shanghai

S’il s’agit encore pour AutoX de réaliser des tests avec des cobayes, un service commercial est envisagé prochainement – mais aucune date n’a encore été communiquée. «C’est un rêve. Après avoir travaillé si dur durant de nombreuses années, nous sommes parvenus à un point où la technologie est devenue assez mûre. Et désormais nous sommes assez confiants pour supprimer tout conducteur», a affirmé Jianxiong Xiao, directeur d’AutoX. Au total, la société fait actuellement rouler plus de 100 de ses robotaxis avec conducteurs dans cinq villes chinoises, avec l’objectif de doubler le nombre de ces mégalopoles l’an prochain.

Et ce n’est pas la seule société de l’Empire du Milieu à progresser dans cette technologie. Ces dernières semaines, Baidu a annoncé que ses robotaxis pouvaient être testés par n’importe qui dans certains quartiers de Pékin. Et Didi – l’équivalent d’Uber au niveau chinois – propose depuis peu le même service dans certaines zones de Shanghai. Mais dans ces deux cas, un humain est encore derrière le volant pour reprendre le contrôle en cas de problème.

Fait intéressant, AutoX ne se contente pas de tester sa technologie en Chine. La société a aussi obtenu une autorisation pour faire rouler ses véhicules autonomes en Californie, à San José. A 1100 kilomètres de là, Waymo passe à la vitesse supérieure pour ses robotaxis. Depuis des mois, la filiale de Google permet à plusieurs milliers de cobayes d’emprunter ses véhicules à Phoenix. L’entreprise ouvre à davantage de personnes ses services et diminue en parallèle le pourcentage de courses durant lesquelles un humain se trouve derrière le volant.

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Une fausse ville dans l’Ohio

Début novembre, Waymo dévoilait des chiffres concernant la sécurité de ses véhicules. Depuis 2019, ses voitures ont parcouru 9,8 millions de kilomètres à Phoenix et environs, dont 100 000 kilomètres sans humain sur le siège conducteur. Au total, ses voitures ont été impliquées dans 20 accidents, dont la plupart ont été causés par des véhicules tiers. «La présence de collisions résultant de situations difficiles induites par d’autres conducteurs rappelle les limites de l’évitement des collisions par les véhicules autonomes tant que ces derniers partagent la route avec des conducteurs humains», affirmait alors Waymo.

C’est pour accroître la sécurité de ses machines que la société annonçait cette semaine la création d’une fausse ville dans l’Ohio, Etat soumis à des conditions météorologiques plus difficiles que l’Arizona. Waymo veut aussi y tester des véhicules utilitaires.

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