Les banquiers menacés de BNP Paribas se mobilisent

Le personnel de BNP Paribas à Genève se réunira avant la fin de la semaine afin de s’organiser face au licenciement collectif touchant 250 postes annoncé la semaine dernière, a confirmé hier l’Association suisse des employés de banque (ASEB). Ce simple rassemblement préalable, face à une restructuration massive, n’allait pas de soi dans un établissement de 1400 collaborateurs qui ne disposait d’aucune commission du personnel élu, notamment afin de représenter ceux qui perdront leur emploi.

L’ASEB sera associée aux négociations

Après l’annonce de ces coupes claires, l’Association suisse des employés de banque (ASEB) avait dénoncé dès vendredi le «manque d’information» et l’intimidation par «la transmission d’un document soi-disant confidentiel avec des éléments de la procédure de consultation» régnant au sein de l’établissement. Se disant «surprise» par ce constat alarmiste, la direction de BNP Paribas (Suisse) SA avait répliqué avoir eu des discussions «constructives» avec l’ASEB et s’était dit ouverte à ce que l’association soit «associée» à la future négociation d’un plan social. Les représentants du syndicat ont de nouveau rencontré la direction lundi matin, réunion au cours de laquelle «les bases d’un calendrier ont été posées». Fin des escarmouches préliminaires.

«L’organisation du personnel reste faible dans le secteur et encore plus dans les banques étrangères, qui rémunèrent mieux que la moyenne et qui emploient une forte proportion de personnel venant de l’étranger», reconnaît de son côté un employé du secteur, requérant l’anonymat afin de ne pas menacer sa carrière.

Plongeon de 56% des revenus sur la décennie

Dans la soirée de jeudi, le groupe bancaire français a annoncé jusqu’à 250 licenciements sur les deux ans à venir au sein de sa filiale helvétique dont l’essentiel des forces est à Genève – soit 18% de ses effectifs. La direction invoquait pêle-mêle, les «taux négatifs» ou la «contraction des marges», sans préciser les activités qui seront les plus touchées. Les comptes affichés dans les rapports annuels de BNP Paribas Suisse (SA) montrent qu’entre entre 2010 et 2018, les revenus de la filiale ont diminué de 56%. Ce plongeon de l’activité n’a été accompagné que d’une baisse de 25% de ses coûts.

L’immeuble des bords du Rhône ne précise pas quelles activités – entre la gestion de fortune et le financement du commerce de matières premières notamment – seront les plus touchées. Ce dernier métier, longtemps le fleuron de la filiale, avait déjà été totalement remis à plat après avoir valu au groupe une amende américaine de 9 milliards de dollars il y a cinq ans.

BNP Paribas (Suisse) SA emploie 1400 collaborateurs, contre 1700 au début de la décennie. Ce licenciement collectif est le plus important annoncé par un établissement qui avait procédé à une réduction graduelle de ses effectifs ces dernières années, notamment en délocalisant un service d’une trentaine de personnes à Lisbonne il y a deux ans.

Créé: 02.12.2019, 19h06

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