Les 5 conséquences majeures de la lutte sino-américaine

Avant le prochain face à face direct entre Donald Trump et Xi Jinping lors du prochain sommet du G20 qui se déroulera fin juin au Japon, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine commence à avoir de premiers effets concrets tant a sur le plan industriel, agricole que boursier.

1. Départ de Chine des sociétés américaines

Mercredi, la Chambre de commerce américaine en Chine dévoilait les résultats d’un sondage réalisé il y a une semaine auprès de 250 entreprises présentes dans l’Empire du Milieu. Ces dernières semblent désormais très enclines à fuir la région, puisque 40% d’entre elles ont confirmé avoir déjà déménagé leurs usines ou être prêtes à le faire. La joie de Donald Trump face à ce résultat aura toutefois été de courte durée, étant donné que les activités en question n’ont pas été (ou ne seront pas) déplacées vers les États-Unis, mais majoritairement vers le Mexique et certains États de l’Asie du Sud-Est. Ne pouvant se passer du milliard de consommateurs chinois, 35% des entreprises sondées comptent toujours produire en Chine afin de continuer à servir le marché local.

2. Titres chinois malmenés à Wall Street

Sans trop de surprises, les marchés revivent une période assez tendue depuis le début de ce mois, ce qui redonne sa raison d’être à un slogan très prisé à Wall Street: «Sell in May and go away» («vendre en mai et partir»). Derrière cette tendance de fond, se cache une réalité particulièrement rude pour les sociétés chinoises arrivées en masse à Wall Street au cours des cinq dernières années. Prenez la plus connue: Alibaba. Son action a perdu près de 40 dollars depuis le début du mois de mai pour se situer actuellement autour de 155 dollars. Même tendance pour le titre de Baidu. L’action du Google chinois a reculé d’environ 50 dollars et se rapproche des 110 dollars. Quant à l’entrée en Bourse la plus récente, celle de Luckin Coffe vendredi dernier, l’envol du début a vite tourné en dégringolade. Après avoir touché les 25 dollars, l’action s’échange désormais autour des 14 dollars.

3. Exportation de terres rares sous pression

Lundi, au sud de la Chine, une usine chinoise de transformation de terres rares accueillait en ses murs Xi Jinping. Dans le contexte actuel de tensions vives avec la superpuissance américaine, la visite du président chinois a vite été interprétée de l’autre côté du Pacifique comme une nouvelle provocation. En tant que premier producteur (71% de l’offre) et premier raffineur de terres rares du monde, Pékin sait qu’il tient le couteau par le manche. En coupant les vannes, il a les moyens de nuire à plusieurs pans de l’économie américaine. Smartphones, écrans plasma ou encore véhicules électriques sont totalement dépendants d’une partie des 17 métaux composant ce que l’on a appelé les «terres rares».

4. Soutien aux agriculteurs américains

Donald Trump redoute actuellement de perdre le soutien des fermiers américains frappés de plein fouet par la guerre commerciale qu’il a déclenchée contre la Chine. Son gouvernement a annoncé jeudi une nouvelle aide d’urgence de 16 milliards de dollars destinés aux agriculteurs et éleveurs pour tenter d’atténuer la chute brutale des exportations de plusieurs produits agricoles vers la Chine. À l’origine du malaise des fermiers: les surtaxes douanières imposées par la Chine en réponse à celles qui ont été décidées par Donald Trump sur les importations chinoises. Le revenu des fermiers a dégringolé de 16% en 2018, à 63 milliards de dollars, soit moitié moins qu’2013.

5. Risque de répercussions sur les bons du trésor

Propriétaire d’une partie assez importante de la dette des États-Unis avec plus de mille milliards de dollars sous la forme de bons du trésor, la Chine pourrait mettre l’économie américaine sous forte pression s’il lui venait l’idée de les vendre en masse. «Cette option serait nucléaire et autodestructrice. Ce serait mettre en danger la valeur d’une chose dans laquelle les Chinois sont profondément impliqués», estime un expert cité sur CNBC. Pour le moment, les marchés estiment peu probable que Pékin choisisse cette option. (TDG)

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