Le vaccin de Moderna homologué par Swissmedic

Un nouveau vaccin contre le Covid-19 peut être vendu en Suisse. Le 19 décembre, Swissmedic a autorisé la mise sur le marché helvétique du produit de Pfizer/BioNTech et mardi, 25 jours plus tard, l’institut a donné son feu vert à la solution de Moderna, la plus prisée de la Confédération.

Sur les quelque 13 millions de doses de vaccins anti-covid commandées par Berne, 7,5 millions portent en effet sur le produit de cette entreprise américaine. Ce vaccin est d’ailleurs largement produit en Suisse puisque son principe actif est fabriqué à Viège par le groupe rhénan Lonza.

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Quelque 200 000 doses du vaccin de Moderna doivent être livrées mercredi, selon l’OFSP. L’Office a indiqué que 234 000 doses du produit Pfizer/BioNTech étaient arrivées en Suisse au 4 janvier et que 126 750 doses supplémentaires de ce premier vaccin auront été livrées le 18 janvier. De quoi permettre au pays de vacciner 4% de la population. Au 18 janvier, la Suisse aura reçu 560 750 doses des deux vaccins, un chiffre qui devrait atteindre le million en février. Les produits doivent être livrés à la pharmacie de l’armée, qui les distribuera dans les cantons.

Le vaccin Moderna doit contribuer à maîtriser la pandémie en Suisse, a estimé Philippe Girard, directeur adjoint de Swissmedic, devant la presse mardi. Il a été approuvé pour une durée limitée, le temps de faire des vérifications complémentaires. Les effets secondaires sont comparables à ceux d’un vaccin ordinaire contre la grippe et sa durée de protection s’étend au minimum sur trois mois, probablement plus, selon les autorités.

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Le rôle de Lonza

Moderna a demandé à Lonza de fabriquer la substance active des trois quarts de ses vaccins contre le covid. A Viège, trois lignes de production peuvent chacune produire 100 millions de doses par an. Ces 300 millions de doses valaisannes doivent ensuite être distribuées à travers le monde, sauf aux Etats-Unis. Le pays de Donald Trump compte, lui, sur une quatrième ligne de production de Lonza, dans l’Etat du New Hampshire.

Le produit de Moderna recourt à la même technique que le vaccin de Pfizer/BioNTech, dont la Confédération a commandé trois millions de doses. Ces solutions recourent à une technologie qui n’avait encore jamais été mise sur le marché, celle de l’ARN messager (ARNm). Elle consiste à transmettre à des cellules du corps humain des données leur permettant de créer elles-mêmes des protéines de défense face au virus. Les tests cliniques font état d’un degré d’efficacité autour de 95% pour les deux vaccins.

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Le vaccin de Moderna doit être conservé à -20 degrés (avant d’être stocké dans un frigidaire ordinaire pendant un mois), contre -70 degrés pour celui de Pfizer/BioNTech. Cela doit lui permettre d’être également administré dans des cabinets médicaux.

Le produit de Moderna peut être administré aux personnes de 18 ans et plus tandis que celui de Pfizer/BioNTech aux personnes d’au moins 16 ans. La vaccination se compose de deux doses administrées à un intervalle d’un mois pour la solution de Moderna et de 21 jours pour celle de Pfizer/BioNTech. Swissmedic recommande de ne pas retarder l’administration de la deuxième dose, comme cela peut être fait dans d’autres pays.

Comme celui de Pfizer/BioNTech, le vaccin de Moderna a déjà été accepté dans d’autres pays, dont les Etats-Unis et ceux de l’Union européenne. Les livraisons du produit de Moderna y ont débuté lundi. La Commission européenne doit s’en faire livrer 160 millions de doses et les livraisons doivent être effectuées par un poids lourd suisse de la logistique, Kuehne + Nagel, depuis un centre pharmaceutique centralisé en Europe.

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